Renoncer aux renoncements pour le carême
Dans la présentation du carême, il est souvent question de renoncer, ne pas faire quelque chose. Cette formulation me gêne.
J'ai appris de la programmation neuro linguistique (PNL) que ne pas faire, c'est encore penser à l'objet de notre renoncement. Je décide de ne plus grignoter de chocolat, et pour y parvenir je focalise mon attention sur … le chocolat. Donc, j'essaye de ne pas céder, mais les tablettes demeurent au coeur de mes préoccupations.
Plutôt que de renoncer à un comportement, je préfère voir par quelle autre attitude le remplacer. Et dans ce cas, la communication bienveillante m'enseigne que ce n'est pas si simple. Je sais ce que je ne veux pas, mais pas forcément ce que je désire. Pire, je suis plus à l'aise pour pester contre ce que je ne souhaite pas, que pour laisser émerger mes réelles aspirations.
C'est pour cela que le carême dure quarante jours, ce qui en soi, vous en conviendrez, semble bien long. Les premiers jours sont pour identifier ce que l'on ne souhaite pas, en laissant venir d'autres élans. Les temps de prière peuvent favoriser ces renouveaux. A condition d'effectuer de parvenir à de vrais silences de la pensée, ce qui n'a rien d'évident lorsque l'on a délaissé ces moments là. Mais là encore nous avons quarante jours pour se laisser toucher, s'ouvrir. Bon début de carême à tous.