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Covid : que faire de son ras-le-bol ?

3 Mars 2021, 14:49pm

Publié par Etienne Séguier

Covid : que faire de son ras-le-bol ?

Et si la colère venait détrôner la peur parmi les grandes émotions de ce printemps ? Telle est l'impression qui monte en ce début du mois de mars, où nous entrons dans la deuxième année un an de Covid. Comment trouver une juste place à cette colère ? Tel est le thème de la journée que j’ai organisé le 6 mars dernier par Zoom.

Durant la première année, on a beaucoup parlé de la peur. Mais j’observe que ces mois ont aussi fortement impacté notre façon d’accueillir nos colères et de leur laisser une place. Pour nombre de personnes, la contrariété s’évacue d’abord en allant faire du sport, par exemple en marchant ne serait-ce que pour aller au travail. Je connais plusieurs personnes « calmes » qui évacuent leur trop-plein le week-end en allant courir. Elles pensent à ce qui les a énervés et elles accélèrent déchargeant ainsi la contrariété qui est en eux. Mais entre l’interdit de se déplacer au-delà d’un kilomètre autour de chez soi ou le couvre-feu à 18h00, nous sommes en déficit d’activités physiques.

Exprimer, imprimer, déprimer

Or si l’on n’exprime pas nos exaspérations, elles s’impriment dans notre corps et à terme on risque de déprimer. Je formule l’hypothèse que c’est ce qui se joue dans cette troisième période où nos mouvements et nos interactions avec les autres sont limités. Voilà des mois que nous ne prenons pas soin de nos colères, alors elles s’impriment dans nos corps et deviennent franchement pesantes.

Autres difficultés liées à l’expression de la colère par temps de Covid, le fait qu’elle risque de ne pas être formulée auprès des bonnes personnes. C’est le principe de la cocotte-minute. Si l’on ne prend pas le temps d’observer les besoins et les aspirations que nos colères révèlent, alors on risque d’exploser auprès d'un interlocuteur qui aura juste le tort de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. En temps normal, c’est souvent les proches qui trinquent, mais pas toujours. En cette période de télétravail, cette probabilité est considérablement accrue.

Au milieu de ce chaos, il y a tout de même une bonne nouvelle, c’est que la colère nous renseigne sur nos aspirations profondes du moment, si nous savons l’écouter. Après avoir travaillé le matin sur la façon de donner physiquement à la colère autrement qu’en allant courir (tipi, exercice de la vague ...), nous avons pu voir comment identifier les besoins derrière nos contrariétés et leur trouver un début de concrétisation même en temps de Covid. Même si "pour le moment", nous ne pouvons pas répondre concrètement à tous nos besoins.

 

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