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Regarder nos peurs avec la communication bienveillante, l'analyse transactionnelle et la mémoire cellulaire

29 Octobre 2020, 12:55pm

Publié par Etienne Séguier

Regarder nos peurs avec la communication bienveillante, l'analyse transactionnelle et la mémoire cellulaire

Je ne pensais pas réécrire sur la peur, car j’avais déjà abordé le sujet lors du premier confinement. Mais il semble que le thème nous soit représenté. C’est peut-être l’un des intérêts (s’il faut en trouver un) de la période actuelle, nous inciter à regarder nos peurs. Cette démarche revient régulièrement dans les accompagnements que je propose. J’aimerais dans cet article l’évoquer à travers trois approches que j’utilise : la communication bienveillante, l’analyse transactionnelle et la mémoire cellulaire.

La communication bienveillante nous invite à observer nos craintes, pour au moins deux raisons. Si on ne leur prête pas attention, elles vont prendre les commandes de notre existence. Et par ailleurs elles peuvent nous signaler des informations précieuses sur nos besoins de sécurité. J’aime bien distinguer ce qui relève de la sécurité physique et ce qui la sécurité affective. Dans mes formations je passe rapidement sur le premier aspect, car à priori, tout le monde bénéficie au moins d’un toit pour être à l’abri et d’un minimum de revenus pour vivre. Mais la période récente m’a amené à prendre plus de temps pour évoquer ce premier aspect. Cette crise vient nous chercher dans des peurs de manquer de protection y compris physique, avec la perte d’un emploi ou la baisse de revenus pour nos et nos proches.

La peur vient ensuite nous signaler un besoin de sécurité affective. Nous autres êtres humains avons besoin d’un minimum d’interactions humaines, sous forme de conversations et de toucher qui nous apportent pleins de bonnes choses sur des plans physiologiques, mais aussi psychologiques, voire spirituels. Le confinement nous prive de ces échanges et il est bon comme lors du premier confinement de réinventer de nouvelles formes de rencontres. Le risque étant que préoccupés à assurer les besoins de sécurité physique, nous oublions les besoins de sécurité affective.

La seconde approche qui peut s’avérer aidante concerne l’analyse transactionnelle qui décrypte les échanges humains comme des transactions. Elles distinguent trois sortes de modes de relation. Sous la forme d’un parent qui s’adresse à ses enfants. Et cela peut s’exprimer sous la forme de rappel de règles à respecter pour assurer une bonne vie en société, ou bien sous le mode d’un parent qui apporte la nourriture essentielle à sa progéniture pour qu’elle grandisse. La seconde façon d’interagir s’effectue comme des enfants qui s’adressent à leurs parents, soit en se soumettant à leurs consignes, soit en se rebellant, soit en étant spontanés. Le dernier mode concerne la façon dont des adultes peuvent échanger entre eux en partageant des arguments rationnels.

Nous utilisons tous plus ou moins les trois façons. Mais la période du confinement nous invite à trouver le bon dosage.

Nous pouvons être sollicités en mode parent en rappelant à notre entourage les règles, tout en laissant à nos interlocuteurs la possibilité de les intégrer. Je prends un exemple. Ma fille est lycéenne, je peux lui redire tous les jours toutes les règles pour aller jusqu’à son lycée, mais à un moment je dois lui faire confiance pour qu’elle les applique. Pour ce qui concerne la part enfant qui sommeille en nous, j’invite chacun à observer comment il laisse une place à l’enfant spontanée durant cette période. Pour le dire autrement, la période va plutôt valoriser l’enfant soumis que l’enfant rebelle, mais nous ne pourrons tenir que si nous laissons une place à l’enfant spontanée (avec des temps de jeux et de créativité). Le mode adulte enfin plaide pour que nous continuions à nous tenir au courant sur les raisons qui justifient ces mesures contraignantes (en continuant par exemple de lire la presse de qualité pour identifier les fake news, facteur de stress). Ces deux approches s’adressent à nos facultés de ressentir la peur et d’analyser avec notre mental. Un travail important peut être effectué déjà avec elle.

Mais la période vient nous chercher aussi sur des peurs plus anciennes, qui peuvent être travaillées avec un accompagnement psychologique classique. Pour ma part, je proposer plutôt un accompagnement à partir de ce qu’on appelle la mémoire cellulaire qui s’intéresse à ce qui s’est vécu dans le couple de nos parents autour de notre conception et des neuf mois de notre vie intra-utérine.

Cette approche montre combien nos cellules ont été particulièrement sensibles aux peurs de notre mère et de notre père. Par exemple, ils ne voulaient surtout pas d’un garçon ou d’une fille. Ou notre naissance venait après une fausse couche et ils avaient peur que la grossesse n’aille pas à terme. Cela peut être aussi des peurs qui ne nous concernent pas directement. Par exemple, notre conception coïncide avec un décès d’un proche qui remet en cause le système familial, ou bien avec la perte d’un emploi d’un des deux parents. Les possibilités sont nombreuses. La mémoire cellulaire indique que l’embryon a été directement impacté par ces appréhensions qui vont se rejouer plus tard sous la forme de schémas répétitifs.

Souvent nous réussissons à sortir de ces schémas par tout un tas de fuites … que la période de confinement rend plus compliqué. C’est clairement ce que j’ai pu observer au printemps dernier, lors d’accompagnement. La bonne nouvelle, c’est que l’on peut travailler dessus pour sortir de cela.

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