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Pendant et après le confinement, trouver une juste place pour la peur

2 Mai 2020, 09:42am

Publié par Etienne Séguier

Pendant et après le confinement, trouver une juste place pour la peur

La peur est l’un des grands thèmes du moment. Celle d’attraper le Coronavirus, en veillant à bien rester confiné, et bientôt celle de ressortir. À vrai dire, elle peut se décliner à l’infini en fonction de chaque personne. À travers l’accompagnement que je pratique en ce temps de confinement, je distingue quelques pistes qui peuvent être aidantes. La première consiste à la regarder : de quoi se compose-t-elle ? A quel moment se manifeste-t-elle ? Ce travail permet qu’elle ne prenne pas les commandes de notre existence.

 

En nommant notre peur, nous pouvons adopter des mesures assurant notre sécurité pour y faire face. Mais tout cela peut demeurer bien théorique, j’allais dire prise de tête. En communication bienveillante, on aime bien les images. Par exemple celle du chien de garde. Il peut représenter celui qui nous prévient lorsqu’un danger apparaît. Si l’on écoute jamais ses messages, le chien de garde peut prendre toute la place dans notre maison intérieure, et peut être alors nous faire vraiment peur ! Je venais d’entendre une intervention à ce sujet de Thomas D’Ansembourg lorsque je suis sorti pour marcher dehors (dans le cadre du fameux kilomètre autorisé). Je pensais à tout cela quand j’ai vu un chien me foncer dessus qui m’a fait peur. J’y ai vu comme une invitation à mieux écouter les alertes de mon chien de garde. J’ai poursuivi mon chemin lorsqu’un autre chien s’est mis à courir vers moi. Mais il est passé à un mètre de moi. En revenant, c’est moi qui ai failli rentrer dans un chien (plus petit, un caniche).

 

En fait, ce travail sur la peur, je l’avais déjà commencé, mais avec des corbeaux. J’ai la chance de pouvoir marcher le long du bois de Vincennes, dans le 12e à Paris. Lors d’une de mes sorties, j’avais remarqué la présence de ces oiseaux noirs. Mais je me suis dit que j’avais dû me tromper. On ne parle jamais de la présence de ces volatiles dans la capitale. Puis en revenant, je les ai vus. Progressivement, j’ai essayé de ne pas détourner le regard. Je me suis renseigné sur eux et j’ai appris sur Internet que ceux qui ont des becs jaunes sont en réalité des Merles noirs. Mais ceux que j’ai vus au Bois de Vincennes étaient bien des corbeaux.

 

Au fil de mes observations, j’ai vu que certains présentaient des traits blancs et bleus, avant de me rendre compte que c’était des pies. « Dans le fonds, qu’est ce que viennent me dire ces oiseaux ? » me suis je demandé un jour. Et il m’est revenu le souvenir d’un voyage en Inde que j’avais effectué lorsque j’avais 18 ans. L’arrivée à Bombay avait été un véritable choc. La ville était remplie de corbeaux qui croissaient, je n’étais pas rassuré. Les corbeaux représentent également la mort, dont on parle aussi beaucoup en ce moment. Comme d’autres, j’ai été touché par des mauvaises nouvelles. Lorsque j’ai appris par mail le décès d’une personne avec qui j’avais passé une semaine cet été, j’ai décidé de parler d’elle avec un ami qui le connaissait. Lors de la sortie suivante, un corbeau est venu atterrir à une vingtaine de moi dans un magnifique vol plané tout en légèreté.

 

Au fil de mes sorties, j’ai laissé une place à ces volatiles noirs. Plus que l’image des chiens de garde, il sont comme un rappel que la peur est présente dans ma vie, mais qu’elle n’occupe pas toute la place.

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