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Comment la fin du confinement nous parle de notre naissance

14 Avril 2020, 09:43am

Publié par Etienne Séguier

Comment la fin du confinement nous parle de notre naissance

L’annonce de la fin du confinement pour le 11 mai ressemble à une naissance différée. Il intervient au lendemain de Pâques, où une part de nous même aspirait à une sortie rapide, comme un renouveau. Certes, le fait de connaître la date permet de se projeter. Nous pouvons commencer à élaborer des projets pour le mois de mai, même si de nombreuses incertitudes demeurent, notamment pour aller voir nos proches les plus âgés. Tout cela est juste, mais reste de l’ordre d’un raisonnement mental. Si l’on observe ce qui se passe en nous, il ne suffit pas à nous apaiser.

 

Dans mes accompagnements, j’aime bien m’intéresser à la façon dont les personnes sont nées. Cela offre des indications précieuses sur la façon dont elles se donnent naissance au cours de leur vie. On se rend compte qu’il se passe beaucoup de choses autour de ce jour-là. Certains sont nés en césarienne, déclenchés en urgence ou bien prévus à l’avance. D’autres sont arrivés par le siège, aidés ou non par des forceps. Des personnes racontent aussi que cela s’est passé très vite, comme si elle ne voulait déranger personne. Dans bien des cas, le père était là, mais d’autres fois, il était absent à cause du travail ou parce que les parents n’étaient plus ensemble.

 

Dans les accompagnements que j’effectue en ce moment, j’observe que ces situations résonnent fort avec cet état de confinement et cette sortie contrariée, pour le moins différée. Je propose de voir quels liens peuvent être esquissés entre leur naissance et la façon dont ils vivent les périodes de renouveau. Telle personne qui a vécu une césarienne en urgence vit mal de demeurer encore quatre semaines enfermée. Une autre a pris conscience que sa mère était restée confinée chez ses parents à cette époque, car la maison qu’elle devait habiter avec son mari n’était pas prête. Une autre s’est souvenue que sa maman était inquiète pour la santé de sa propre mère, sans pouvoir l’aider. Pourquoi se remémorer tout cela alors que l’on vit une situation déjà suffisamment pénible ? Justement pour ne pas ajouter à la période un poids supplémentaire.

 

Pour le dire autrement, la façon dont nous sommes nés colore la façon dont nous naissons à nouveau. C’est comme si elle introduisait un filtre entre nous et la réalité qui nous rend sensibles toujours aux mêmes informations. Prendre conscience de ce filtre permet d’alléger le poids de ce confinement, et de préparer le déploiement de nos projets futurs.

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