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Cultive tes talents

Vie méritée, vie reçue : beau programme de fin de carême

17 Mars 2012, 18:39pm

Publié par Etienne Séguier

J’intervenais mardi dernier au centre du Hautmont sur l’estime de soi. J’ai essayé de montrer que cette estime pouvait grandir si nous arrêtions de vouloir contrôler notre existence.

 

Plus nous souhaitons contrôler notre vie, plus nous risquons de l'enfermer dans de  l’imaginaire. Tout doit advenir selon le schéma idéal que nous avons conçu. Notre volonté saurait ce qu'est une vie bonne. Nous pouvons ainsi aller de défi en défi comme nous construisons un château, une belle demeure. Nous découpons notre projet en plusieurs séquences. C’est comme si vivre revenait à enchaîner les projets, édifier les fondations puis les murs et enfin les finitions de notre propre existence. Nous ne recevons pas la vie, nous la tenons à bout de bras, avec l’énergie de notre jeunesse au début, de notre envie de bien faire ensuite, la peur de ne plus faire partie du jeu enfin.

 

Ce n’est pas une vie qui se reçoit, comme un don. C’est une vie qui se mérite, toujours comme suspendue à une approbation, à un passage, une réussite. Avec la peur qu’elle s'effondre du jour au lendemain. Combien de temps tenons-nous ainsi dans ce désir d’obtenir un droit de vivre, un passeport pour une reconnaissance éternelle ? Aucune réussite ne sera jamais à la hauteur de cette quête inconsciente, aucune preuve ne sera jamais jugée à la hauteur de cette vie à conquérir. Notre volonté ne semble jamais assez forte pour cela. D’autant que tout échec vient renforcer cette croyance que la bonne vie a été donnée aux rivaux, même s’ils semblent parfois moins méritants.

 

Cette quête a toujours existé. Mais notre époque aurait tendance à l’encourager, nous vivons dans une période qui survalorise la figure du battant, celui qui à la force des poignées réinvente chaque jour son poste, relève chaque semaine de nouveaux défis, à cette souplesse  qui lui permet encore et encore de s’adapter aux demandes du client, de son chef, du marché, de la nécessité de produire à moindre coût.

 

Ce combat nous empêche de percevoir la vie comme un don, qui est dispensé même dans l’épreuve, au coeur même de ce qui semble parfois des impasses. Même si ce n’est pas comme nous l’avons imaginé. C’est peut être cela le travail du carême à effectuer. Passer moins en force, recevoir davantage.

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Fourré MC 28/03/2012 11:01

Moi aussi j'aime beaucoup cette idée de RECONNAISSANCE, puis de TRI dans nos croyances limitantes que nous cernons si vite en l'autre et consentons si peu à voir en nous !!! (histoire de paille et
de pierre dans l'oeil, n'est ce pas!!!)Et pourtant ... quand j'y consens et le pratique ... que de pardons échangés, de discordes évitées ...
Possible à condition d'accueillir la colère inévitable silencieusement, en tournant le regard et la langue au moins 7 fois (sinon le doigt sur le sol comme Jésus) ... temps de pause et de petite
mise à distance ... avant d'échanger et d'avancer.
Il me semble alors que le développement personnel n'est plus synonyme d'égoïsme ... mais plutôt de générosité et d'amour pour soi ... et pour l'autre. Et comme le sourire et la Joie intérieure qui
surgit alors font "signe" ... et voue encourage à recommencer !!!
Estime de soi ... estime de Foi ... ou l'inverse ...
Merci Orchis, merci Etienne

orchis 21/03/2012 11:31

je crois vraiment que chacun devrait apprendre à mieux se connaitre pour pouvoir se servir au mieux de ses capacités !
il serait ainsi plus participant à la communauté.
il serait judicieux de faire le tri des croyances "limitantes".
nous serions ainsi plus libres de nos choix ...
voici ce que je vois d eplus en plus clairement au fil du travail de découverte de soi au moyen d'outils de développement personnel.
merci d e poursuivre ce chemin d'actualisation !

Etienne Séguier 23/03/2012 15:49



Merci Orchis de parler aussi du tri sur les croyances limitantes, qui me semble essentiel.



Bruno 20/03/2012 12:30

Bonjour Etienne.

Un prêtre qui m'accompagne me dit chaque fois cette vérité que je trouve très belle. En résumé : "nous pensons toujours qu'il faut faire des choses pour Dieu. Or Dieu ne nous demande qu'une chose :
d'accueillir son amour, de nous ouvrir à Lui". Quoi que nous fassions, Il nous aime.
Moi aussi je pense être encore trop dans la volonté de contrôler et de construire ma vie par mes propres forces. Cela ne veut pas dire qu'il faut demeurer passif, mais accepter d'agir tout en
lâchant prise, sans trop se mettre la pression. Notre société est celle de la consommation, qui pense répondre au vide intérieur par l'appropriation de choses, des autres et même de soi-même. Nous
faisons de notre corps et de nos pensées un objet d'apparaître et de consommation.
Plus je progresse dans ma foi et dans mon développement personnel, plus je pense qu'il me faut accepter de me présenter à Dieu tel que je suis, c'est à dire comme étant chaque jour une feuille
blanche à offrir à Dieu. Toutes mes limites et toutes mes erreurs, jugées comme incompatibles avec cette société qui, même dans l'intime du sexe ne voit qu'en terme de performances et de conquêtes,
sont aimées de Dieu. Que je puisse toujours plus les accueillir, leur laisser la place pour pouvoir les Lui confier.

Bruno.

NB - J'ai entamé la lecture de votre chemin de croix. C'est formidable et je le recommande vraiment à tous les chrétiens. On sort du dolorisme désincarné !

Etienne Séguier 20/03/2012 14:41



Merci Bruno et pour votre texte qui me touche beaucoup et pour votre retour sur mon livre !



TONETTI 17/03/2012 21:24

Quand nous plongeons dans la pensée du Seigneur, il nous montre que c'est son attitude. Et de plus quand il nous invite d'être comme un petit enfant pour parvenir au royaume, il veut nous enseigner
que ce n'est pas notre capacité et nos mérites qui sont garants de notre salut mais bien par l'amour qu'il nous donne et que nous devons recevoir; et que cet amour est d'une perfection de sainteté
et de beauté et qui surpasse de beaucoup celui d'une mère chérie à son enfant bien aimé.

Etienne Séguier 19/03/2012 10:48



Merci Tonetti pour cette belle méditation dans lequel je me retrouve bien.