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Cultive tes talents

“Qui a envie d’être aimé ?” ou la suite du fils prodigue

24 Février 2011, 11:53am

Publié par Etienne Séguier

L’autre soir, je suis allé voir “Qui a envie d’être aimé ?”, le film de Thierry Bizot. Comment un père de famille, avec un travail prenant, une épouse attachante, des enfants remuants, trouve  tout de même le temps de fréquenter un groupe de recommençants.  Comment il est touché par ces rencontres où l’on parle de de Dieu, de la foi, en remettant les choses dans l’ordre, à savoir toutes ces histoires ont un lien avec le fait d’avoir envie d’être aimé.

 

Par Dieu sans doute, mais aussi ses proches,  sa femme, ses enfants. Parmi les belles choses de ce film, il y a l’histoire de ce père de famille avec son propre père. Dans ces partages sur la foi, il entend que Dieu est aussi “Notre père”. Une phrase que l’on répète machinalement, mais qui pour une majorité de concitoyens s’avère incompréhensible. Son père à lui n’est pas doué pour les déclarations,  il ne sait pas non plus serrer son fils dans ses bras. Et en plus, il semble  qu’il déteste gérer les conflits entre son fils et son frère. Allez croire que Dieu est père dans ces conditions-là.

 

Le film montre comment cette affirmation que  Dieu est Père l’invite à sortir de sa résignation vis-à-vis de son père à lui. Avec cet être distant et maladroit, il peut se vivre à nouveau quelque chose,  de l’ordre d’une relation vivante. Comme on dit dans les colloques sur la catéchèse,  expérimenter à la fois “le contenu  et l’expérience de la foi”.  Le contenu l’invite à revisiter sa filiation, l’expérience donne de la réalité à ce programme. Il apprend  à son tour à faire preuve d’attention vis-à-vis de son propre fils. Le miracle se produit, la vie abonde à nouveau.

 

Dans “Qui a envie d’être aimé ?”, Thierry Bizot cite la fameuse parabole du fils prodigue. L’histoire parle évidemment des deux fils, celui qui reste et celui qui part. Il me semble que l’on peut se retrouver tour à tour dans les deux figures. Il n’y a pas de foi personnelle, si on ne quitte pas son cocon familial.  Mais je trouve que l’on caricature souvent aussi celui qui reste. Dans ce film, le père de famille s’identifie aussi au fils qui est resté. Il montre pour ainsi dire la suite de la parabole. Une fois accueilli le retour du fils prodigue, que s’est-il passé pour le fils aîné ? Peut être ce que vit le héros du film, il a pris le temps d’exprimer sa colère à son père,  ses besoins aussi de sentir davantage son affection.

 

C’est ainsi que se transmet aussi la foi, avec des pères âgés qui n’ont guère été habitués à exprimer leurs sentiments, mais qui essayent de s’y mettre malgré tout, en pensant qu’il n’est pas trop tard. Et des fils, déjà bien engagés dans la vie qui s’extirpe de leur carapace de “gars qui ont réussi” pour reconnaitre qu’ils ont encore beaucoup à apprendre et à vivre.



Commenter cet article

C.S. Indhal 13/03/2011 16:44


Belle analyse ! J'apprécie tout particulièrement le parallèle avec la parabole du fils prodigue... et surtout la suite, les récriminations du fils aîné : étant moi-même fils aîné, j'ai toujours été
interpellé par cette "suite" qui me semble être nécessaire à la compréhension complète du propos. La perspective que vous proposez me paraît très intéressante. Merci bien !


Etienne Séguier 13/03/2011 17:18



merci



Fourré Marie Christine 07/03/2011 18:48


Ayant vu le film 2X ... un grand merci pour votre vision de la parabole côté frère ainé qui m'a beaucoup éclairée ... et que peut-on dire des soeurs oubliées comme le dit si bien dans le film
l'actrice V Bonneton?


Etienne Séguier 08/03/2011 08:44



C'est une question que je me suis posée en écrivant ce bilet, peut-on simplement dire que c'est la même chose pour les soeurs ? Dans le film, il y a une belle relation entre le frère et la soeur,
mais entre la soeur et le père, c'est plus compliqué.


Je cherche dans la Bible, une histoire évoquant une relation entre un père et sa fille, mais je ne trouve pas l'équivalent. En même temps quand je lis Marthe et Marie, je me dis que cela
s'adresse aussi à moi, même si en y réfléchissant, je me dis que c'est plutôt une histoire de femmes. A tort sans doute.



Michel BERNARD 26/02/2011 21:01


Oui, Etiennne, je partage bien ton commentaire sur la parabole du fils prodique en rajoutant aussi le sens du pardon. Le pardon que le père de famille ( fils digne) donne à son propre fils et
réciproquement ( moment où chacun se sert dans les bras) qui est une manière de descendre de son pied d'estale et d'accueilir sa part de fragilité donc d'humanité.
Michel


Etienne Séguier 27/02/2011 08:34



 J'aime bien l'idée de pardon réciproque, qui permet aux deux de descendre. Merci Michel.