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Cultive tes talents

Préparer le réveillon familial avec la PNL

17 Décembre 2012, 10:12am

Publié par Etienne Séguier

 

Chaque année, Noël s’annonce comme le grand rendez-vous familial. La naissance de Jésus est l’occasion de retrouver ses proches. Chacun rêve d’une rencontre dans la joie et la bonne humeur. Mais la réalité s’avère parfois plus complexe. Les derniers réveillons ne laissent pas toujours de bons souvenirs. Sans prétendre régler des différends parfois lourds, voici l’éclairage sur la communication fournie par la programmation neuro linguistique (PNL). Vous trouverez à la fin de cet article un test à effectuer seul ou en famille. La programmation neuro linguistique approche issue des sciences humaines étudie comment nous introduisons des filtres dans notre façon d'entrer en relation avec les autres. (vous pouvez aussi écouter l'émission sur RCF auquel j'ai participé sur la préparation de Noël en cliquant ici)

La première prise de conscience à effectuer se résume par une formule des promoteurs de cette méthode, Richard Bandler et John Grinder : “la carte n’est pas le territoire”. Pour avancer dans l’existence, nous nous sommes confectionné une carte sur laquelle nous avons repéré à la fois les obstacles à éviter, les voies rapides, les coins tranquilles pour se reposer. Cette représentation du monde ne correspond pas exactement au territoire sur lequel nous évoluons.

Prenons l'exemple d’un couple se préparant à vivre un réveillon. Pour l’un, sa carte lui indique qu’il faut acheter de quoi préparer un délicieux chocolat chaud assorti de viennoiseries à déguster après la messe de minuit. Il a acquis cette conviction après avoir vécu plusieurs Noëls en famille sur ce modèle. Quand le 24 décembre approche, il va chercher dans sa carte des adresses des bonnes pâtisseries. Pour l’autre, sa carte lui permettant de se repérer dans l’existence lui rappelle qu’il n’y a pas de veillée de Noël sans du foie gras et des huitres. Inutile d’en discuter, puisque ce soir-là est toujours célébré ainsi dans sa famille. Un couple peut ainsi se retrouver avec deux histoires, deux cartes, tout en devant évoluer sur un même territoire, le réveillon de Noël.

Pour sortir de cette impasse, le plus simple serait d'évoquer ces différences. Mais trois mécanismes de langage ont tendance à nous enfermer dans notre propre vision. Un outil comme la La Programmation neuro linguistique permet de repérer ces façons de filtrer la réalité et nous permettre ainsi de la percevoir différemment.

Premier mécanisme : la généralisation. “De toute façon, ils n'ont aucune conversation”. Mais n'ont-ils au moins une fois tenu des propos intéressants ? Les adverbes généralisant comme “toujours”, “jamais”, “rien” , constituent autant de signaux d’alerte. Si vous les employez, c’est sans doute que vous être en train de généraliser. Autres filtres généralisant : les “il faut”, “je dois”. Par exemple, “il faut que j’anime la chorale pour la messe de minuit”. Quel est-ce “il” qui a énoncé cette règle ? Le responsable de la chorale, le curé de la paroisse, mes parents, moi-même ? Qu'est-ce qui se passerait si je ne peux pas y aller ?

Second mécanisme : la distorsion. Nous utilisons ce processus pour distordre ce que nous percevons de la réalité afin qu'elle demeure cohérente avec notre carte du monde. Par exemple, “il ne dit rien, il n’a pas aimé mon coq au vin.” Mais comment le savons-nous ? Qu'est-ce qui nous fait dire cela ? Nous établissons un lien logique entre deux faits qui n'en ont pas forcément. Autre occasion de distorsion : créer des équivalences. “Il est déjà parti à la messe, ce qui veut dire qu'il n’a pas envie de se mettre à côté de moi”. ‘Il fait cela” équivaut à “il pense cela”. Mais en quoi le fait de se rendre à la messe avant vous indique qu’il ne veut pas vous voir ? N'est ce pas au contraire pour vous garder une place ? C'est ainsi que l'on peut passer une soirée à toujours trouver que son oncle agit avec des intentions négatives. Dans ces cas là, mieux vaut aller vérifier son hypothèse au plus vite directement auprès de l’intéressé, vous passerez un meilleur réveillon.

Troisième filtre, la sélection consiste à ne voir qu'une partie de la situation . Par exemple, vous vous dites “Elle est meilleure cuisinière”. Mais par rapport à qui ? A vous, à votre mère, à un chef trois étoiles ? Second exemple : “ça m'agace ce réveillon”. Mais qu'est-ce qui déclenche cet agacement ? Le préciser permet de mieux cerner la difficulté et de sortir d'un ressenti vague. Cette façon de sélectionner les données peut aussi se traduire par une information vague. “Non mais cela n’a pas d’importance”. Mais par rapport à quoi ? Qu'est-ce qui aurait alors de l'importance ? Ce travail permet parfois de se rendre compte que l'on ne sait ce qui ne va pas, mais qu'il est plus difficile de se prononcer sur ce qui nous conviendrait.

Alors que s’approche le réveillon, la prise de conscience de ces trois filtres - sélection, distorsion, généralisation - est d’abord à effectuer pour soi-même. Il est parfois tentant de les repérer chez les autres, mais cela peut être perçu comme des reproches. Mieux vaut donc commencer par soi. Derrière les agacements provoqués par certaines habitudes, vous pourrez identifier ce qui compte à vos yeux, mais aussi la richesse des cartes de votre entourage (voir le témoignage d'Aline). Il s’agit aussi de faire de la place pour la vision du monde de vos proches. Le prochain peut ainsi vous amener à modifier votre propre carte du monde, en vous faisant découvrir des raccourcis, de nouvelles voies de communication. Noël risque alors de ne pas être totalement conçu comme le précédent, mais ne fête-t-on pas ce jour-là une naissance ?

 

Testez votre “communication de réveillon”

 

Chaque de ces huit affirmations reprend l’un des trois filtres de communication identifiés par la PNL. Sélection, Généralisation, distorsion : à vous de trouver lequel ?

 

Un ) Dans les églises, à Noël, il fait toujours froid

Sélection, Généralisation, distorsion

 

Deux) Dans cette boulangerie, les bûches de Noël sont les pires !

Sélection, Généralisation, distorsion

 

Trois) Ma mère ne veut jamais que l'on chante “Petit papa Noël”

Sélection, Généralisation, distorsion

 

Quatre) Ils sont en retard, ils n’ont pas envie de venir

Sélection, Généralisation, distorsion

 

Cinq) De toute façon, ton oncle ne comprend rien

Sélection, Généralisation, distorsion

 

Six) Mon beau frère fronce les sourcils, il n’aime pas mon dessert

Sélection, Généralisation, distorsion

 

Sept) Il m’a offert un livre de bricolage, il me prends pour un nul

Sélection, Généralisation, distorsion

 

Huit) A Noël, il est impératif de manger de la dinde

Sélection, Généralisation, distorsion

 

Réponse : 1) Généralisation : “toujours”, n'existe-t-il pas une église bien chauffée ? 2) Sélection : pire par rapport à quoi, à quel endroit ?, 3) Généralisation : “jamais”, 4) Distorsion quel lien entre le retard et l’envie de venir 5) Généralisation : “rien”, n'y a-t-il pas une chose qu'il comprenne ? 6) Distorsion quel lien entre les sourcils et le dessert ? 7) Distorsion quel lien entre ce livre et détester ? 8) Sélection : Qui est-ce “il” qui formule cet impératif ?

 

Entre zéro et trois bonnes réponses: Il est temps de ne plus vous contenter d’affirmations vagues et d’impressions générales sur ce que vous vivez durant les fêtes. Avec la prise de conscience des filtres qui entravent votre perception de la réalité, vous découvrirez que les autres vous veulent plus de bien que vous ne le pensez. Soyez plus précis dans vos demandes et ne tirez pas de conclusions hâtives, vous passerez un meilleur réveillon.

 

Entre quatre et six bonnes réponses :

Vous commencez à repérer les filtres qui limitent votre communication. Parmi les exemples de ce test, certains ont peut-être évoqué des situations personnelles. Vous pouvez imaginer comment formuler différemment vos attentes. Cela ne règlera pas forcément les différends comme par enchantement, mais peut contribuer à poser les problèmes de façons plus audibles par votre entourage.

 

Entre sept et huit bonnes réponses

Si vous sentez monter une contrariété, vous vérifiez qu’elle repose sur des faits ou des paroles précis. Vous essayez d’être le plus clair possible dans la formulation de vos envies.Vous êtes assurément un convive fort agréable, veillez toutefois à faire preuve de spontanéité, quitte à ne pas vous exprimer systématiquement de façon “parfaite”.

 

Sur ce sujet lire aussi le témoignage de Aline, 32 ans, assistance sociale, praticien en PNL, diplômé de l'Institut Français de Programmation neuro linguistique.

 

Je comprends mieux les rituels de ma belle famille

 

« Prendre conscience de sa représentation du monde permet de se situer différemment. Spontanément, je trouve qu'il n'y a pas de fêtes réussies sans discussion intéressante. Mais à Noël, je retrouve souvent les mêmes convives. Avec la PNL, j'ai compris que j'avais introduit un filtre organisant une équivalence entre fêtes agréables et échanges profonds. Du coup, j'essaye de me concentrer sur d'autres aspects du réveillon comme l'environnement de la soirée, la décoration et les plats. Je perçois alors l'amour que les personnes ont mis à les préparer. Cette attitude m'a permis de redécouvrir des proches que je croyais connaître par coeur.

Ma famille est italienne. Nous avons l'habitude de déguster des gâteaux de la région de mes parents, avant de jouer à la Tombola. Ce rituel n'a lieu qu'à Noël. Quand je suis arrivé dans ma belle famille, je me suis retrouvée perdue. La soirée se déroulait sans que l'on procède comme chez moi (Sélection). Je me suis rendu compte que les rites italiens indiquaient pour moi le début de la fête. En leur absence, je me disais que ma belle famille ne savait pas s'amuser et n'avait vraiment pas le sens du sacré (Distorsion). Et puis j'ai réalisé qu'ils avaient un autre rituel. Pour les cadeaux, ils demandent aux enfants de monter dans leur chambre. Ils claquent la porte et s'exclament : « Ca y est le père Noël est passé, vous pouvez descendre ». Cet appel signe le début des festivités. Depuis cette découverte, je me cale sur cette ouverture, même si ce n'est pas la façon que je préfère. Comprendre ainsi quelle est sa carte du monde et celle de ses proches m'évoque l'invitation du Christ à aimer son prochain comme soi même. Les deux compréhensions sont liées. Je perçois mieux ce qui compte à mes yeux, tout en m'ouvrant à de nouvelles façons de voir l'existence. »

 

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