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Cultive tes talents

L'option préférentielle pour la joie

18 Décembre 2010, 20:09pm

Publié par Etienne Séguier

 


 

 

(Pour voir la vidéo cliquer sur la flèche, ce n'est pas frère Alois qui danse, mais ces images illustrent bien mon texte)

 

Le prieur de la communauté de Taizé, frère Alois, publie une lettre où il invite à “prendre une option pour la joie”. Je connaissais l’option préférentielle pour les pauvres, voici une nouvelle option qui me plait tout autant. La joie peut apparaître comme un terme vieillot. De nos jours, nous cherchons le bonheur. Etre heureux sinon rien.

 

La démarche obéit à une logique binaire.Nous pouvons être heureux ou malheureux. Quand cela ne va pas, que les circonstances semblent contre nous, à priori, nous sommes malheureux. Nous sommes alors invités à positiver, à faire des listes de moments heureux pour prendre conscience que cela va tout de même bien. Un peu comme sur une balance : si vous obtenez 51 % de moments agréables, vous devriez vous estimer heureux. Difficile de faire plus culpabilisant !

 

La joie bouscule cette logique. Nous pouvons éprouver de la joie même quand cela ne rigole pas. Parfois ceux qui connaissent la pauvreté et la privation sont capables d’une joie de vivre toute spontanée, une joie qui résiste au découragement », constate le frère Alois. Et d’ajouter : « l’option pour la joie n’est pas une évasion loin des problèmes de la vie. Au contraire, elle donne de regarder la réalité en face, même la souffrance. » Dans sa lettre, le successeur de frère Roger relie la joie à deux thèmes que l’on ne retrouve pas souvent dans les manuels de bonheur.

 

Le premier concerne la justice. Nous pouvons éprouver une grande joie à œuvrer pour plus d’équité autour de nous. Les occasions ne manquent pas. Dans le monde du travail, par exemple, l’action collective permet de gouter à ce que peut être une vie en communion. Heureux ceux qui  œuvrent contre les situations humiliantes dans l’entreprise, ils goûteront à la joie de Dieu. Une joie qui prend au ventre, aux entrailles.

 

Le second thème concerne le pardon. « L’Évangile nous encourage à aller encore plus loin : la justice doit se prolonger dans le pardon, les sociétés humaines ne peuvent vivre sans lui. »  Frère Alois  évoque le pardon avec beaucoup de réalisme. « Il est des situations où nous n’arrivons pas à pardonner. La blessure est trop grande. Alors rappelons-nous que le pardon de Dieu ne fait jamais défaut. Quant à nous, c’est parfois seulement par étapes que nous y parvenons. »

Je trouve que les chrétiens « vendent » souvent un pardon trop rapide qui ne correspond pas à ce que nous vivons. Nous pouvons éprouver de la joie à être en chemin dans une démarche de pardon. Même si ce chemin est long et sinueux.

 

L’option pour la joie se trouve dans la décision de s’engager dans ce monde et dans les fruits de cet investissement. Elle ne s’enferme pas dans des recettes, elle vient de surcroît, en plus. La fête de Noël qui s’approche n’est que le début de cet engagement de Dieu. A nos côtés, ce petit deviendra grand.

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