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Cultive tes talents

La parabole des deux hérissons

7 Décembre 2010, 10:39am

Publié par Etienne Séguier

C'est une histoire racontée par l'un des participants, (merci Gaël de Lanion) au we communication bienveillante que j'organisais au Centre des Naudières. Ce sont deux hérissons qui ont froid, alors ils décident de se rapprocher. Mais à moment ils se trouvent trop près l'un de l'autre. Alors ils s'éloignent et ils ont à nouveau froid. (pour lire l'histoire dans son intégralité, voir le commentaire ci dessous)

 

A chacun de trouver la bonne distance avec son entourage, ni trop près, ni trop loin. Les techniques de développement personnel peuvent aider à oser s'approcher des autres, à travailler sur nos peurs. Elles peuvent aussi permettre de prendre conscience que nous en faisons parfois trop. Que nous sommes envahissants et qu'il faut prendre un peu de distance. 

 

Mais ces techniques, comme les coachs qui les proposent, ne sont là que pour aider à prendre des décisions. Dans tous les cas, nous ne pouvons nous dispenser de chercher la bonne distance, qui n'est jamais acquise, toujours à trouver encore et encore. Un bel exercice à vivre en cette période de l'Avent

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Jean-Claude 08/12/2010 11:24


Cher Etienne,

Par analogie, ce(s) conte(s) m'évoquent le témoignage d'un couple de la paroisse du St Esprit (45 ans de mariage) pendant une soirée de préparation au mariage. L'épouse montrait une photo avec deux
noeuds légèrement espacés. Ce qu'elle voulait souligner était la "juste distance" entre les époux.
Sur un autre registre, j'ai commencé à entrevoir ce qui ne me convenait pas de prime abord avec la CNV.
En réalité, c'était une question de présentation. En allant sur le site CNV France, j'ai "pigé". Il y a une insistance sur la conversion, une transformation profonde. C'est cette "radicalité" là
qui m'intéresse.
Pour faire une analogie avec le monde martial, je dirais que la CNV présentée comme une technique ressemble à l'aikido actuel, c'est bien beau mais ça ne me change pas fondamentalement. Alors que
la CNV vue comme un mode d'entrée dans la non violence est semblable au Katori: les principes fondamentaux sont plus importants que la (les) technique(s) pour se transformer en profondeur.
A bientôt j'espère,

Jean-Claude


Etienne Séguier 09/12/2010 11:02



Bonjour Jean-Claude, c'est vrai que la CNV offre d'adopter une posture bienveillante, en cela elle invite à une conversion du regard, du coeur. Sur ce sujet j'aime bien le réalisme de saint Paul
qui constate qu'il ne fait pas le bien qu'il aimerait faire et souvent le mal qu'il ne voudrait pas. La technique peut aider à trouver une attitude bienveillante, tout comme la foi, à un autre
niveau.



orchis 08/12/2010 10:02


Un soir d’hiver où ils n’en pouvaient plus d’avoir froid, une centaine de jeunes hérissons décidèrent de se serrer les uns contre les autres pour se réchauffer. Hélas, découvrant ce que chacun
avait en commun avec tous, ils éprouvèrent l’action désagréable de leurs piquants et s’éloignèrent sous la douleur. Une heure plus tard et comme le froid persistait, ils voulurent tenter une
nouvelle expérience : ils se rapprochèrent, pleins d’espoir, mais pour se piquer aussi vite et s’écarter de plus belle. Bref, ces va-et-vient durèrent toute la nuit, jusqu’à ce que les hérissons
découvrent, au matin, qu’il y avait entre eux une distance moyenne, très convenable, où ils pouvaient miraculeusement se mettre à l’abri du monde extérieur, sans pour autant se témoigner une trop
grande et trop piquante affection.

(D’après la parabole de Schopenhauer, citée par Freud dans Psychologie collective et analyse du moi)


Etienne Séguier 08/12/2010 10:29



Merci Orchis pour cette autre version, qui doit avoir plusieurs auteurs. J'aime bien la chute !



Etienne 07/12/2010 13:29


Voici le texte complet du conte transmis par Gaël

Un été, une famille de hérissons vint s'installer dans la forêt. Il faisait beau, il faisait chaud, et toute la journée les hérissons s'amusaient sous les arbres. Ils batifolaient dans les champs,
aux abords de la forêt, jouaient à cache-cache entre les fleurs, attrapaient des mouches pour se nourrir, et, la nuit, ils s'endormaient sur la mousse, tout près des terriers.
Un jour, ils virent tomber une feuille d'un arbre : c'était l'automne. Ils jouèrent à courir derrière les feuilles qui tombaient de plus en plus nombreuses ; et, comme les nuits étaient un peu plus
fraîches, ils dormaient sous les feuilles mortes.
Or, il se mit à faire de plus en plus froid. Dans la rivière parfois, on trouvait des glaçons. La neige avait recouvert les feuilles. Les hérissons grelottaient toute la journée et, la nuit, tant
ils avaient froid, ils ne pouvaient plus fermer l'oeil.
Aussi, un soir, ils décidèrent de se serrer les uns contre les autres pour se tenir au chaud, mais ils s'enfuirent aussitôt aux quatre coins de la forêt : avec tous leurs piquants, ils s'étaient
blessés le nez et les pattes. Timidement, ils se rapprochèrent, encore, mais, encore une fois, ils se piquèrent le museau. Et, chaque fois qu'ils couraient les uns contre les autres, c'était la
même chose.
Pourtant, il fallait absolument trouver commet se rapprocher : les oiseaux l'un contre l'autre se tenaient chaud ; les lapins, les taupes, tous les animaux aussi.
Alors, tout doucement, petit à petit, soir après soir, pour avoir chaud mais ne pas se blesser, ils s'approchèrent les uns des autres, ils abaissèrent leurs piquants et, avec mille précautions,
enfin trouvèrent la bonne distance.
Et le vent qui soufflait ne leur faisait plus mal ; ils pouvaient dormir, bien au chaud, tous ensemble.

Conte orthodoxe
in « Contes et récits pour tous les temps », « Textes non bibliques », Ed. Atelier, 1997, p.39-40