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Cultive tes talents

Evaluer autrement qu'avec des AAA

14 Décembre 2011, 15:13pm

Publié par Etienne Séguier

Nous vivons depuis plusieurs semaines au rythme des notations de l'agence standard and poor's. Cette entreprise menace de ne plus attribuer le désormais célèbre AAA aux pays européens, dont la France. Ces annonces répétées me plongent dans un état étrange. Je me sens concerné, mais sans savoir bien que faire dans l'immédiat.

 

En soi, je trouve bon de pouvoir évaluer ce que l'on fait. Il y a encore trop d'endroits où il n'y a pas de possibilités de regarder ensemble ce qui a été accompli les mois précédents. On continue comme d'habitude, pourquoi changer ?

 

A vrai dire, l'utilisation de lettre A, B, C, D, comme cela se pratique dans les écoles aux Etats-Unis, me semble aussi constituer un progrès par rapport à notre notation française de 1 à 20. Cela permet de limiter les comparaisons dans un groupe. Selon que l'on obtient l'une ou l'autre lettre, chacun voit si son travail convient ou pas. Là ou cela se complique, c'est lorsque l'on utilise les AAA qui peuvent devenir des AAB ou ABB ... Nous sommes alors dans un système proche de notre évaluation de 1 à 20.

 

Ce qui me gêne surtout, c'est l'impression que l'on a loupé sa vie si l'on n’obtient pas un AAA. Bref cette idéalisation de la perfection. Un 20 sur 20 ou sinon c'est la déchéance. Nous sommes loin d'un discours sur la fragilité. Pour faire un parallèle avec le christianisme, c'est comme si Jésus n'avait pris que des disciples estampillés AAA. Que l'on songe à Pierre niant trois fois connaître Jésus (méritant un DDD à l'échelle du bon camarade). Le voilà pourtant embauché pour prendre l'animation de la communauté chrétienne naissante.

 

En matière d'évaluation, chez les chrétiens et ailleurs, je me retrouve plutôt dans ce que j'ai appris en formation PNL. Elle se déroule en quatre temps :

  • Formuler deux appréciations précises sur deux aspects du projet présenté, en indiquant à quels besoins ils répondent, en quoi ils apportent un bienfait

  • Puis formuler une piste de progression concernant un aspect à améliorer

  • Terminer ensuite sur une évaluation positive de la personne indiquant comment ce projet révèle la belle personne qu'elle est.

Ce qui implique

  • de ne pas foncer tout de suite sur ce qui ne va pas (le point de progression intervient seulement en troisième position)

  • s'astreindre à formuler de façon précise au moins deux choses qui vont dans le bon sens

  • ne pas terminer par ce qui est à améliorer, mais formuler un retour positif sur la personne

Ce n'est pas simple à mettre en oeuvre, mais cela peut contribuer à sortir d'une relation de maitre d'école avec ses élèves, parfois un peu infantilisante.

 

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matiti 15/12/2011 09:53

Excellent Etienne, tu devines mon éclat de rire ce matin en découvrant ce billet avec notre frère Pierre ... j'adhère totalement.
"Sortir d'une relation infantilisante de maitre d'école avec ses élèves, mais aussi de parents à enfants il faut le dire aussi... tâche difficile quand la "notation est un jugement de valeur et non
un moyen de souligner une erreur pour la corriger et pouvoir l'éviter ensuite. La note qu'on donne ou qu'on se donne soi-même n'est qu'un résumé de réussites ou d'échecs sur un parcours d'obstacles
à déjouer en classe, en famille, dans la vie personnelle et professionnelle, la vie politique ou religieuse ... et j'en passe.
L'important c'est que le Christ, lui, ne juge pas sur notre CV ... il est vrai qu'Il est d'un autre monde ...

Etienne Séguier 15/12/2011 10:49



Je pensais aussi à mon saint Patron Etienne qui aime bien faire la leçon aux autres, il aurait pu valoriser aussi ce qui était bien dans la démarche des rabbins.