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Cultive tes talents

Eloge de la colère

22 Octobre 2011, 07:50am

Publié par Etienne Séguier

La colère n’a pas bonne presse. Mieux savoir se maîtriser et se contrôler. Pourtant, la colère est une émotion précieuse. C’est un signal que nous envoie notre corps. A un moment, il se mobilise. Les muscles se tendent, la mâchoire se serre. Nous sentons que quelque chose ne tourne pas rond.

 

C’est souvent une indication que des besoins essentiels pour nous sont malmenés. Notre tête minimise, mais notre corps insiste. Ecoute ton ressenti. Nous pouvons alors cadenasser cette émotion, chercher à l’anesthésier au risque que cette tension se loge durablement dans notre corps.

 

Nous pouvons aussi d’abord prendre le temps de la ressentir (ne cherchons pas trop vite à l’interpréter). Qu'est-ce qui bouillonne en nous ? A quel endroit, la cocotte minute voudrait exploser ? J’ai envie de hurler et je crie, même silencieusement si l’environnement ne me permet pas de le faire. J’ai envie donner des coups de pieds, et je peux au moins donner un coup dans l’air.

 

Prenons le temps de sentir cette colère, cet élan de vie qui s’exprime. Allons marcher, courir. Et puis demandons-nous quels besoins se dessinent derrière cette éruption. Généralement, il y en a plusieurs. Si vous en identifiez un, attendez de voir si d’autres n’ont pas envie de surgir. Vous pouvez recommencer cette opération plusieurs fois.

 

Et si la personne liée à votre colère se présente, vous pourrez alors lui faire part de votre agacement et de vos besoins malmenés, peut être avec une intensité moins forte, audible par rapport à votre interlocuteur. Mais cela ne marche pas toujours, Jésus dans le Temple n’a pas pu s’empécher de renverser les tables des marchands, mais son besoin de sacré, il est vrai, était particulièrement malmené. Mais peut être vaut-il mieux se montrer ainsi à notre entourage pour nouer des relations de qualité, les aimer tels que nous sommes.

 

Lorsque nous nous engageons dans une démarche de développement personnel, nous avons souvent envie de découvrir la belle personne que nous sommes vraiment, derrière nos masques. Mais lorsque nous regardons ce qui se passe à l'intérieur de nous, il y a beaucoup de colère, souvent plus que nous le pensions. Nous ne serions pas ce gentil garçon, cette gentille fille ? C'est ce que nous pouvons penser si nous associons à la colère à du "pas gentil", du "méchant". Il en va autrement si nous regardons ce bouillonnement comme l'expression de besoins qui veulent s'exprimer.

 

C'est pour cela que la question de la colère apparaît souvent lorsque nous avons envie de vivre au plus près de ce que nous sommes (dans l'une de ces fameuses crises de la trentaine, quarantaine, cinquantaine ...). Nous pouvons alors soit refermer le couvercle, soit laisser cette colère s'exprimer. Plus ou moins maladroitement au début, certainement. Cet ouverture peut s'avérer inconfortable, mais il peut inaugurer une période où l'on est davantage relié à ce qu'il y a de vivant. Alors quand s'y mettre ? Le plus tôt possible avant que le volcan n'explose et envoie tout balader.

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matiti 23/10/2011 03:08


A moins que cette colère repérée et déposée intérieurement ne permettent de faire pause avant de réagir et poser des limites à l'autre de manière plus claire et bienveillante...
Une autre manière de dire ce que l'on veut vraiment dire et faire ce que l'on souhaite vraiment faire.


Annie 22/10/2011 19:10


Se mettre en colère est "politiquement incorrect". Si on a le malheur de se montrer tel que l'on est vraiment, quel scandale ! Alors que les autres se donnent une belle apparence de ne jamais se
mettre en colère. Quelle belle hypocrisie puisqu'on est tous pareils ! Mais un "bon" chrétien ne se met jamais en colère, voyons !!! Alors que l’apôtre Paul nous dit bien : "je ne fais pas le bien
que je voudrais faire et je fais le mal que je ne voudrais pas faire..." Quand va-t'on commencer à être honnêtes les uns avec les autres au lieu de vivre dans le "paraître" ?!!


Etienne Séguier 22/10/2011 23:28


Cette phrase de saint Paul me semble vraiment essentielle, et finalement elle est vraiment libérante.


matiti 22/10/2011 16:27


Découvrir un Jésus très en colère, voir violent,devant l’irrespect des marchands au Temple m'a souvent aidée à observer sans masquer mes propres colères intérieures devant mes besoins de
reconnaissance maltraités ... Ainsi un temps de "pause-pose" sans interprétation prématurée se met en place ... (début de consolation apportée à soi-même et à notre petit enfant intérieur)... avant
de préparer une réponse de défense "recevable par l'autre" ... dans la mesure du possible.
Merci Etienne


Etienne Séguier 22/10/2011 23:27


Oui cette pause de colėre pose, et il est bon de prendre ce moment.