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Cultive tes talents

Lire l'introduction de "Traverser les épreuves, une méditation du chemin de croix"

21 Mars 2016, 18:42pm

Publié par Etienne Séguier

Comment le chemin de croix nous parle aussi des épreuves que nous traversons au 21 ème siècle. 

 

Je vous propose de découvrir l'introduction de ce livre où je propose une méditation contemporaine du chemin de croix, à partir de mon expérience de coach.

 

"La première fois que j'ai pris le temps de méditer les étapes du chemin que Jésus emprunta Jésus avant sa mise en croix, c'était dans un TGV reliant Paris à Grenoble. Trois heures sans programme précis. Avec au-dehors, la campagne défilant à grande vitesse, à l'intérieur l'immobilisme d'une place assise en seconde classe. Nous approchions des fêtes de Pâques. Mais je n'étais pas vraiment entré dans le carême. D'habitude, je m'inscris à une retraite sur Internet. Chaque semaine, des messages invitent à prendre des temps de prière et à effectuer des exercices pour être davantage présent à soi-même et aux autres. Je débute avec enthousiasme, mais mes bonnes intentions s'essoufflent rapidement.

Lorsque la semaine sainte arrive, j'essaye de me rendre à la messe du jeudi et/ou du vendredi quand je trouve une célébration à l'heure du déjeuner. Mais je me concentre surtout pour trouver une église pour assister à la veillée pascale le samedi soir, cette célébration qui débute dans l'obscurité et finit dans la lumière me touche, j’aime les histoires qui se terminent bien.

 

Autant dire que mon emploi du temps professionnel ne me laisse guère le temps de suivre un chemin de croix le vendredi après-midi, comme cela se pratique à nouveau dans les paroisses. Il ne m'est arrivé qu'une seule fois d'en accomplir un, lorsque j'accompagnais un pèlerinage à Jérusalem. Là où Jésus vécut le sien. Mais une bourrasque soufflait ce jour-là et je n'ai guère prêté attention à la méditation qui accompagnait chaque station.

 

Dans ce train filant vers Grenoble, j'avais emporté un livre de Sylvie Germain où la romancière commentait le « chemin de croix ». Je l’ai ouvert. Ne m’étant inscrit à aucune retraite, je pouvais quand même essayer de terminer au mieux ce carême. S’intéresser à ce qui se passe juste avant la résurrection, au moins par curiosité.

Dès les premières méditations accompagnant chaque étape du chemin, j’ai été touché par cette descente que Jésus effectue. Remué par le côté si humain de cette expérience. Ces quatorze stations évoquent avec justesse la souffrance et l'épreuve. Il n'est pas simple d'aborder ces situations où le souffle nous manque. Nous cherchons souvent à nous rassurer en voulant croire à d'hypothétiques rebonds, misant sur d'improbables concours de circonstances. Ou nous nous recroquevillons à l'intérieur de notre carapace, en espérant ne plus rien ressentir. Nous pouvons passer des semaines, des mois même, à ne pas regarder en face une situation de rupture, de mise à l'écart.

 

Les espaces manquent pour partager ce que l'on vit durant ces traversées. C'est à travers des stages de développement personnel que j'ai trouvé des temps pour entrouvrir l'armure. D'abord comme stagiaire, puis en accompagnant d’autres personnes en tant qu’animateur de formation, j'ai pu mesurer l'utilité de prendre du temps pour être écouté, ressentir l'inconfort d'une situation, sans se précipiter sur une solution. S’autoriser à sentir ce que notre corps a perçu depuis longtemps, ce que nos émotions cherchent à nous faire comprendre.

 

En parcourant ce chemin de croix, il m'est revenu « une découverte » à priori banale, mais pas si simple à mettre en œuvre : il y a un moment où il faut cesser de fuir ses peurs et se retourner pour les regarder en face. La méditation du chemin de croix peut aider à rester présent dans la tourmente alors que l'on aimerait fuir en courant. Certes, ce chemin ne nous raconte pas une histoire édifiante pour se donner du courage. A priori, le Christ ne « réussit » pas sa crucifixion. Il la termine découragé, doutant même du sens de son existence. Il ne prétend pas fournir une méthode pour traverser les épreuves en quatorze étapes, en limitant les coups. A chaque station, il s'en prend plein la figure, il peine, il souffre. A la fin, il meurt. Pourtant, la méditation de ce chemin peut nous aider à regarder notre souffrance en face, à lui laisser une place. Non par masochisme bien entendu, mais parce qu'il y a des situations où l'on a pas d'autres choix. Que ce serait même plus destructeur encore de continuer à nier l'épreuve.

 

Jusqu'à sa condamnation, Jésus mène la vie d'un honnête homme, en quête de sagesse. Après sa résurrection, il réapparaît auréolé de la gloire de celui qui a vaincu la mort. Mais entre les deux, il y a cette journée où celui qui n'est pas encore perçu comme Dieu connaît la chute, l'humiliation, la mort. Deux millénaires plus tard, ce parcours suscite encore l’intérêt. Comment aide-t-il à traverser les petites morts, en attendant la grande ? Comment suivre le Christ à ce moment-là contribue-t-il à nous engager dans un chemin de croissance personnelle ? C'est avec ces questions que je vous propose de parcourir les quatorze étapes franchies par Jésus entre sa condamnation et sa mise à tombeau.

 

Cette lecture n'est pas réservée pour la seule semaine sainte, ni même le carême. Avec cet ouvrage, j'aimerais contribuer à sortir la méditation des dernières heures du Christ de ce cadre. Il n'y a pas de saison pour se retrouver confronté à une épreuve. Elle surgit parfois au printemps. Nous pouvons nous sentir alors soutenus par la lumière qui gagne en intensité et les jours qui rallongent. Mais les coups durs peuvent tomber dans la grisaille des mois d'automne, la froideur de l'hiver. Nous n'avons pas toujours le réflexe de nous tourner vers ce que Jésus à vécu dans ces moments difficiles. Que représente-t-il si nous ne le sollicitons que pour les moments heureux ? Un être incapable de tenir la distance dès que les premières difficultés apparaissent ?

 

D'autres personnes justifient ce désintérêt pour ce chemin par le fait qu'elles ne traverseraient qu'une « petite » épreuve. De fait, si vous lisez cet ouvrage, c'est bien que vous n'avez pas connu la même fin tragique que Jésus. Personne ne la recherche. Il est loin le temps où les chrétiens se faisaient les champions du dolorisme, cette attitude qui valorise la souffrance. L'existence se charge bien d'apporter son lot d'ennuis, il est inutile d’en rajouter.

Lorsque se dressent les embuches. Nous pouvons passer du temps à nier leurs impacts. Collectionner les « même pas mal », « même pas peur ». Faire comme si les flèches sifflaient à nos côtés sans jamais nous atteindre. Mais cette période de déni finit toujours par se terminer un jour. Nous prenons conscience que l'épreuve traversée n'est ni « petite », ni « grande », elle est là, devant nous, autour de nous.

 

Avant de s’avancer dans cette montée vers la croix, une dernière précision. Pour les commentaires de chaque station, j’ai repris les formulations classiques, que l’on entend habituellement le Vendredi saint. Il m'a semblé bon de les assortir d'une prière, car ce mode d'expression traduit bien ce que l'on peut ressentir dans ces moments là. Ne pas être simplement dans l’analyse, mais oser, crier, protester, demander auprès de plus grand que nous."

 

Le commander à la Procure pour lire la suite cliquez ici 

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matiti 01/04/2012 01:56

Je viens de voir l'émission "l'Esprit des lettres" sur ce site: http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/l-esprit-des-lettres/l-esprit-des-lettres-l-esprit-des-lettres/00065888

OUAhhhhhhh Remarquable. Je suis très touchée par ces échanges remplis de vérités expérimentées qui me rejoignent après une longue et périlleuse traversée d'épreuves dont je suis sortie transformée
... plus vivante, plus fragile et forte à la fois, accueillant la vie plus comme un don et non un dû ... et çà change tout.
Merci Etienne de confirmer ces petits trésors découverts au long de mon chemin de reconstruction ... qui ont "fait sens" dans la méditation du chemin de croix lors d'une retraite des exercices
spirituels ... d'où mon intérêt pour le vendredi et aussi ce samedi saint dont je ne sais rien ou presque.

Etienne Séguier 01/04/2012 09:17



J'ai bien aimé la façon dont J'ean-Marie Guénois pose ses questions de façons directes, cherchant à aller à l'essentiel. On sent qu'ii a envie d'avoir des réponses et cela invite à s'impliquer
dans ce que l'on dit. Même sur des sujets énormes comme cela.



Emmanuel 31/03/2012 19:03

J'ai beaucoup aimé ce livre. Ce chemin de croix est présenté comme un hymne à la vie. Les prières sont très belles et ce livre se relit aussi en passant d'une prière à l'autre
j'espère, comme l'article de la Croix l'indique, que ce petit livre deviendra un classique
un grand merci :-)

Etienne Séguier 01/04/2012 09:14



Merci Emmanuel pour ce retour chaleureux !



Matiti 07/03/2012 05:25

Et voilà ... je l'ai goûté en 2 fois ... en prenant bien le temps ... cette méditation du chemin de croix reliée en "va et vient" avec la relecture de nos traversées des épreuves inévitables de la
vie... m'a profondément rejointe et confirmée. L'écriture est simple, concise et précise à la fois... Et j'ai beaucoup apprécié la prière qui ponctue chaque chapitre. Une prochaine lecture devrait
me nourrir encore... Merci Etienne, nous pourrons peut-être échanger le 13 mars à Mouvaux.

PS: copie d'un commentaire +ou- égaré mais "en équilibre" sur l'article suivant !!!

Etienne Séguier 07/03/2012 09:36



Cela me fait plaisir de le relire, merci d'être la première à me donner un retour.