De la méditation de pleine conscience à la méditation chrétienne

4 Juillet 2011, 11:04am

Publié par Etienne Séguier

La méditation s'invite dans les salons dédiés au bien-être. Autrefois associé au bouddhisme, la voilà désormais présentée comme le remède antistress par excellence. Ses promoteurs l'appellent méditation de pleine conscience. Ce regain d'intérêt peut être l'occasion de découvrir que la méditation peut être aussi pratiquée par les chrétiens. Je l'intègre dans mon accompagnement de coaching.  Voici des repères pour nourrir vos temps de silence, en toute sérénité.

 

A quoi cela sert de méditer ?

La méditation aide à se rendre disponible au moment présent, ce qui n'est pas simple dans notre monde de communication globale. Nous répondons toute la journée à des sollicitations extérieures : le téléphone portable, les courriers électroniques, les rendez-vous de travail qui s'enchaînent. Face à cette stimulation permanente, nous ne cessons de nous projeter dans le futur ou de nous réfugier dans le passé. La méditation aide à se recentrer sur ce que nous vivons dans l'instant, simplement en se concentrant sur sa respiration.

Méditer, n'est-ce pas plutôt réfléchir ?

Dans le langage courant, méditer un texte revient à se nourrir des idées qu'il propose. Par exemple, lorsqu'on médite un passage de la Bible, le lecteur s'arrête sur une phrase, un mot, le laisse raisonner en lui. La leccio divina permet cette imprégnation de la Parole. Notre cerveau est alors tour à tour actif et passif. Il élabore une réflexion ou il se laisse toucher. Mais la méditation désigne aussi ces moments où nous sommes dans un état « neutre », où nous demeurons dans un silence de la pensée. Nous pouvons alors trouver une présence plus grande à nous-mêmes, qui ne passe pas uniquement par le mental, mais aussi par tout notre être.

On entend parler de « méditation de pleine conscience », qu' apporte-t-elle ?

Cette expression a été popularisée par Jon Kabat-Zinn, un médecin américain, fondateur en 1979 de la Clinique de réduction du stress. Cette méditation se veut philosophiquement neutre et vise avant tout à réduire le stress, ce qui explique son succès actuel. Elle se pratique sans recours à la récitation de phrases d'inspiration religieuse, comme les mantras chez les bouddhistes. Mais dans la forme, elle ne fait que proposer ce que l'on retrouve à la base de toute méditation, à savoir ce concentrer sur la respiration et ses sensations physiques du moment. Aux Etats-Unis, le docteur Jon Kabat-Zinn a mis en place un programme de huit semaines qui comprend 30 à 45 minutes de méditation par jour et dont l'objectif est de soigner des personnes dépressives. En France, à l'hôpital Saint Anne, le psychiatre Christophe André, a largement contribué à promouvoir cette méditation bien-être. Il anime avec le docteur Dominique Servant, responsable de l'unité spécialisée sur le stress et l'anxiété du CHRU de Lille, des formations sur une journée pour apprendre cette technique.

Vivre dans la « pleine conscience » du moment présent, n'est ce pas aussi bouddhiste ou chrétien ?

En effet, la méditation de pleine conscience ne cache pas qu'elle s'inspire de la méditation pratiquée par les bouddhistes. Dans son enseignement, le bouddha encourage à accorder une attention juste à ce qui se présente autour de soi. Le terme même de « bouddha » signifie éveillé. Durant son existence, au VI e siècle avant JC, Siddhārtha Gautama a passé de longues heures à méditer en position du lotus. Selon les bouddhistes, une conscience vigilante exerce un rôle fondamental pour atteindre ce qu'ils appellent l'éveil spirituel. Avant l'émergence de la méditation de pleine conscience, les bouddhistes ont souvent été les seuls à enseigner la méditation. En France, un moine comme Matthieu Ricard a consacré en 2008 un livre sur « l'art de la méditation » (NIL) qui est resté plusieurs semaines en tête des ventes des libraires.

Pour autant, les bouddhistes ne sont pas les seuls à chercher à vivre dans le moment présent. Dans les Evangiles, par exemple, la parabole des dix vierges (Matthieu chapitre 25 :1-13), le Christ conseille aux vierges de maintenir leur lampe allumée pour être prêtes lorsque leur époux frappera à leur porte. Personne ne peut effectuer ce travail à votre place, insiste-t-il. La parabole sur les oiseaux du ciel qui ne s'inquiètent pas du lendemain aborde aussi ce thème (Matthieu, VI, 26). Cette attention à maintenir une conscience du temps présent se retrouve au cœur de toute démarche spirituelle.

En quoi la méditation peut elle être chrétienne ?

De l'extérieur, rien ne distingue un méditant chrétien d'un bouddhiste ou d'un pratiquant de la méditation de pleine conscience. Tous les trois peuvent se concentrer sur la respiration. Chacun peut répéter un mot pour ne pas être dans l'agitation mentale. La différence chrétienne se situe ailleurs. « Tout d'abord dans le choix du mot répété qui fait référence à Jésus Christ, mais aussi dans cette foi que Dieu est présent à nos côtés dans ces moments-là » indique Dominique Lablanche coordonnateur en France des méditants chrétiens (voir aussi les trois portraits). La méditation peut alors devenir prière (voir l'interview du père Jean-Luc Souveton)

Comment la méditation chrétienne peut-elle se nourrir des autres formes de méditation ?

Elles peuvent vous apprendre à tenir votre buste droit, à vous concentrer sur votre respiration, à porter votre attention sur les tensions du corps. La pratique d'une gymnastique douce peut aussi favoriser une détente susceptible d'apaiser le mental. Ceux qui parviennent à s'asseoir en position du lotus trouveront aussi une assise solide. Toutes ces pratiques constituent une excellente introduction pour se centrer avant d'enchaîner sur la répétition d'un mot comme Maranatha ou Jésus-Christ.

Avec les conseils de Dominique Lablanche et Benoît Billot

 

Cette attention à la méditation peut prendre sa place dans une communication bienveillante avec soi même comme avec les autres, comme je le propose dans mes formations à la communication bienveillante, pour découvrir les prochaines dates, cliquez ici.

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Fourré Marie Christine 04/07/2011


Eh bien ... voilà un magnifique condensé validant plusieurs années d'expériences tâtonnantes passant du yoga et sa respiration pleine conscience ... au silence accompagné de l'invisible Présence
paradoxale au creux de la plus intense des solitudes ... le visible et l'invisible dans les "sens" ... qui vous mène vers les textes sacrés devenus compréhensibles.
Mystère irrationnel du chemin offert par la Vie.
Merci Etienne.


Bruno 05/07/2011


Merci, Etienne, pour cet article qui offre bien des perspectives. La Présence, qui est celle du Christ pour moi, expression de l'amour de Dieu qui se donne en permanence, nécessite d'y être le plus
souvent attentif. La sophrologie m'a aidé à me concentrer sur la respiration et à ne pas laisser le stress m'éloigner de l'essentiel. C'est tout l'intérêt da la foi chrétienne à mon sens que de
suggérer ce retour à soi, pour que notre Présence au monde (qui peut-être aussi une action) soit signe de l'amour du Dieu Vivant.


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Many people are haunted by their past and that affects their present and future. In my opinion, mediation is the best solution for their problems. It can make them forget those bitter experiences and extract the best out of them to perform well in the present.

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