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Cultive tes talents

Bienheureux ceux qui ont besoin des autres

30 Janvier 2011, 17:32pm

Publié par Etienne Séguier

Ce week-end, je présentais la communication bienveillante à l’équipe d’animation de la maison de Tobie. Nous avons célébré ensemble avec mon ami le père, Benoit Billot. Heureuse coïncidence, l’évangile de ce dimanche était les Béatitudes qui commencent par “Heureux les pauvres de coeurs, le royaume des cieux est à eux.”

 

La traduction des béatitudes pose toujours problème. Les pauvres de coeur, ce ne sont pas des personnes sans coeur. “Un coeur de pauvre, ce serait plutôt le coeur de celui qui a besoin des autres”, a noté Benoit Billot.

 

Dans la communication bienveillante, il est question aussi de besoins. Quels sont les besoins malmenés lorsqu’il y a un conflit. On parle aussi d’envies, de désirs, d’attentes. Mais, en écoutant ces béatitudes, je me dis que le mot “besoin” exprime aussi un lien, une dépendance. Je peux avoir besoin de respect, d’expression, de sécurité, mais dans tous les cas, ces besoins se traduisent par un besoin des autres, de leur présence, de leur soutien.

 

C’est parfois un reproche que l’on formule à l’encontre du développement personnel. Il entretiendrait l’illusion que l’on peut être auto suffisant. Ce qui est parfois vrai, mais pas toujours comme en témoigne la communication bienveillante.

 


 

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Tromken 31/01/2011 18:47


En effet, la traduction pose de gros problèmes.
Tout d'abord le « heureux », comme l'explique Marie Vidal : « Ashrei, heureux, signifie exactement : « les relations de…, les avancées de…, les dynamismes de… »…
Ainsi, contrairement à une certaine compréhension du latin ecclésiastique, heureux ne signifie ni félicité ni quiétude, mais démarches renouvelées à chaque instant. » Et dans la note, elle
rajoute : « André Chouraqui a puisé sa traduction « en marche » dans la Tradition séculaire de son peuple à propos de ce qu’est la vie. »
De fait, le « heureux » devient soudainement un peu « nian, nian », un peu infantile, quasi hindouiste dans son sous-entendu d'une béatitude inerte. Le dynamisme du « en
marche » révèle, non pas autre chose, mais tout son contraire !
·
Quant au cœur, s'il s'entend par une réponse aux frustrations naturelles de la vie qui touchent tous les hommes (désirs, sécurité, respect, reconnaissance, rencontres humaines…), le Christ
n'apporte ici rien de plus pour les combler que la majorité des morales formulées par l'homme. Il n'y a là rien de vraiment spirituel.
J'en reste à ce qui est le plus simple, à savoir, lire le texte. « Pauvre en esprit », c'est précisément parler de « l'esprit », or il me semble bien que le Christ sait avant
tous que Dieu est Esprit. Ainsi, cette prise de conscience d'une pauvreté, d'une absence de Dieu, c'est-à-dire de son Saint-Esprit, c'est la marque du premier pas dans un retour vers Lui.
Ainsi : « Que celui qui prend conscience de ce drame, de cette pauvreté, que celui-ci se mette en marche, qu'il cherche Dieu, lequel se laissera trouver. » L'homme commence ici à
exister parce qu'il trouve la source et le sens réel de sa présence ici-bas. Le chemin débute là. Il le conduira — peut-être — aux autres étapes, même à la dernière, qui sait : « Si on
vous outrage à cause de moi, réjouissez-vous, les prophètes eurent le même traitement ! »
Étrange parcours, où la réponse de Dieu à nous combler de sa présence par la Foi conduit l'homme à trouver l'inspiration. C'est cette inspiration, tellement prise au sérieux par le Christ qui la
réfère aux prophètes de l'AT, c'est cette inspiration donc qui, comme d'habitude, n'est pas supportée par le Monde. Mais celui qui commença à marche vers Dieu et vers sa présence, osera-t-il,
ensuite, mûrir et s'engager dans un tel défi ?
salutations


Etienne Séguier 31/01/2011 21:07



Merci pour cet éclaraige, votre commentaire me rappelle un livre du père mariste Bernard Rérolle sur les béatitudes qui reprenait la traduction de Chouraqui, avec "les en marche" plutôt que
bienheureux. Ce week end nous avons aussi évoqué le christ, qui dit de lui je suis le chemin, la vie, la vérité. Un homme mais aussi un chemin.


Cordialement