Accueillir sa colère pour ne pas être violent

12 Juillet 2011, 18:17pm

Publié par Etienne Séguier

Distinguez vous bien la colère de la violence ? Lorsque je présente la communication non violente, je me rends compte que la différence n’est pas toujours claire pour mes interlocuteurs. Souvent ils s’attendent à voir exposer une communication qui interdit la colère, comme si elle avait le pouvoir de permettre d’atteindre un état de sérénité totale. J’aimerais bien, mais ce n’est pas le cas.

 

Lorsque l’on est en conflit, nous ressentons parfois de la colère. C’est humain, c’est le signe que nous sommes encore vivants ! Ce ressenti nous indique que des besoins demandent à s’exprimer sans que nous sachions bien lesquels. Il est donc bon d’accueillir sa colère, de la sentir même physiquement, car elle nous invite ensuite à clarifier nos attentes.

 

Si je suis en colère, je peux répondre différemment à ce ressenti. Soit en cherchant à contraindre mon vis-à-vis et l’on entre alors dans le registre de la violence. Soit en écoutant mes besoins grâce à la communication bienveillante (l’autre nom de la CNV), puis en formulant une demande à moi-même ou à d’autres pour donner une réalité à ces besoins.

 

En présentant cette forme de communication dans des centres spirituels chrétiens, ou devant l’association des amis de La vie comme je l'ai fait ce lundi, j’ai pu constater que l’éducation reçue dans les familles chrétiennes pouvait parfois enseigner qu’il n’était pas bon “de s’écouter”.

 

Mais si l’on ne laisse pas de place à ce que l’on ressent, par exemple un sentiment comme la colère, nous risquons alors de nous faire violence. Je m’explique. Le corps sent que des besoins sont malmenés par une situation, il ressent de l’agacement, si à ce moment-là, nous lui intimons de se taire, alors notre corps n’a d’autres moyens que de retourner cet élan de vie contre soi sous forme de tensions diverses.

 

La prochaine fois qu’une colère surgit, réservez-lui donc un bon accueil, vous éviterez de devenir violent contre les autres et contre vous-même. Bonne prochaine colère.

Commenter cet article

Marie Christine 12/07/2011


Accueillir et écouter le chacal qui se réveille en moi,
Essayer de décrypter ce qu'il me dit dans sa langue si complexe ...
Bizarrement ... la colère du chacal baisse d'un cran ou 2 ... suffisamment pour réussir à ne pas sortir ses crocs et mordre ... avec violence l'autre ou lui-même.
Merci Etienne


Jean-Claude 13/07/2011


Cher Etienne,
C'est à cause du "c'est pas bon de s'écouter" que Nietzsche a critiqué, à juste titre, les "chrétiens". En réalité, c'est une mentalité bourgeoise du 19è siècle qui était en cause. Dans une
éducation aristocratique, maîtriser et comprendre les ressorts de la colère et de tous nos sentiments est encouragé. Enfin, c'est ce que j'essaie de transmettre à mes enfants en tentant de le vivre
moi même.
La noblesse et la dignité de l'homme est dans la bienveillance par rapport à ses ombres. Un homme non-violent et en paix est celui qui est familier avec sa colère et qui la traite comme un animal
sauvage domestiqué: il le respecte pour sa vitalité mais sait qu'il est dangereux de perdre sa vigilance en lui donnant trop de place.


Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog