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Cultive tes talents

Debray veut plus de fraternité, mais sans s’aimer les uns les autres

3 Mars 2009, 21:06pm

Publié par Etienne Séguier


Il est fort ce Régis Debray, il n’a pas son pareil pour capter l’air du temps. Cette semaine, il publie un livre pour vanter les mérites de la fraternité (Le moment fraternité, chez Gallimard). Le monde subit une crise financière sans précédent et lui en profite pour sortir son hymne à la fraternité, quel flair ! Ecoutez son intervention sur France inter (au moins les six premières minutes). Au passage, il cite le rôle des chrétiens dans l’invention de ce “concept” (merci Régis), tout en précisant que la fraternité n’est pas à confondre avec l’invitation du Christ à s’aimer les uns les autres, jugée à son goût trop sentimentale.
Et là j’ai envie de répondre à Régis en citant Saint-Paul et son fameux “je fais le mal que je ne voudrais pas faire, mais pas le bien que j’aimerais faire.” Il y a là un constat incontournable que chacun est invité à effectuer si l’on veut vraiment promouvoir un monde plus fraternel : l’être humain à du mal à tenir ses bonnes résolutions. C’est parfois le travers de certaines techniques de développement personnel, voire d’un certain humanisme que de laisser croire que tout cela serait simplement qu’une question de volonté. Le christianisme préfère jouer la carte du réalisme (bien loin des bons sentiments dénoncés par Régis).
La foi invite à aimer son prochain, mais en nous prévenant immédiatement que nous n’y parviendrons qu'en prenant conscience de nos limites. Nous ne sommes ni parfaits, ni tout-puissants. C’est en nous acceptant comme tels que nous pourrons construire une authentique fraternité qui envisage des solutions pour des êtres imparfaits. Tout en nous ouvrant aussi sur plus grand que nous, pour tenir dans ce désir d’être plus fraternel. C’est-à-dire en intégrant une dimension plus spirituelle où nous reconnaissons que nous avons besoin de Dieu pour tenir nos bonnes résolutions. Allez Régis, encore un effort, la fraternité, c’est s’aimer les uns les autres … comme Il nous a aimés. Bref, avec, au-delà des bons sentiments.

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