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Cultive tes talents

Une nouvelle rubrique spéciale "Parabole des talents"

9 Janvier 2009, 19:45pm

Publié par Etienne Séguier

Sur une idée d'un lecteur, voir  Chers lecteurs , je voudrais créer une rubrique consacrée à la parabole des talents, pour accueillir des commentaires de ce texte. Mon oncle, Jacques Fauré, prêtre à Auch, m'a envoyé celui qu'il a rédigé récemment. Il imagine ce qu'aurait donné un quatrième serviteur qui n'aurait pas eu de chance. C'est un plaisir pour moi d'inaugurer cette rubrique avec son texte. Pour l'illustrer, je vous propose la carte de voeu conçu par mon frère qui ne manque pas de talents. (Bien entendu, il n'est pas besoin d'appartenir à ma famille pour contribuer à cette rubrique !)





"Et s'il y avait un quatrième serviteur ? Dans cet extrait d'évangile, il y a trois serviteurs. Imaginons qu'il y en ait un quatrième. Cela m'est arrivé au cours d'une discussion en groupe sur ce texte. Comme les trois autres, il aurait reçu de l'argent. Comme les trois autres, il aurait compris qu'il lui faudrait le rendre un jour, avec les intérêts et si possible en l'ayant fait fructifier. Mais voilà : il n'aurait pas eu de chance, et ses efforts se seraient soldés par un échec. Quelle aurait été la réponse du maître ? L'aurait-il invité à entrer dans sa joie, comme pour les deux premiers ? Oui certainement, avaient répondu tous les participants à ce groupe de lecture de l'évangile. Pourquoi ? Parce que son échec n'était pas dû à sa peur. Au contraire, il aurait été de ceux qui prennent des risques. Cette hypothèse, Jésus ne l'a pas envisagée dans la parabole, mais elle n'est pas si farfelue qu'il y paraît. Elle met en relief deux aspects de cette parabole. * Le talent, c'est quelque chose que nous avons reçu, que nous recevons tous. A vrai dire, le mot de "talent" est ambigu, parce que nous en faisons le synonyme de qualité ou de compétence, autrement dit quelque chose acquis par mes propres mérites. Les talents de l'évangile, c'est autre chose. C'est une unité monétaire, et cela représente des sommes colossales, hors de portée d'un simple domestique. L'évangile désigne donc, en parlant de talent, quelque chose qu'on n'a pas, qu'on ne peut pas avoir. On ne peut que le recevoir, sans aucun mérite de notre part. Disons-le clairement : ces talents représentent la vie d'enfant de Dieu que nous avons reçue au baptême. Cela, ça ne s'invente pas. Cette vie, on ne peut que la recevoir, et la recevoir de Dieu. * Deuxième enseignement de la parabole : pour faire fructifier ce trésor, il faut prendre des risques. Le quatrième serviteur, s'il avait existé, n'aurait pas été blâmé, parce que, justement, il a bien voulu faire fructifier cet argent, et qu'il a pris les moyens qu'il estimait les meilleurs pour cela. Ça n'a pas marché, mais il en a pris le risque. (…) La vie d'enfant de Dieu reçue au baptême, on ne la met pas à la poche. Cette vie, si on la garde pour soi, elle dépérit. Si on la risque, elle est féconde et se multiplie. Et comme dit saint Paul, Dieu peut réaliser en nous bien plus que nous n'osons demander ou imaginer. (Ephésiens 3.20) * Je relis encore une fois ce texte d'Évangile et je tombe sur l'expression : il fallait. "Il fallait placer mon argent," dit le maître. L'exégète de service me dit que cette expression a un sens précis. Dans les évangiles, elle évoque la passion de Jésus (Il fallait que le Christ souffrît…, cf annonces de la passion ou disciples d'Emmaüs). Et je me dis : le "quatrième serviteur" n'est-ce pas Jésus ? Il a reçu la vie de Dieu son père, sa vie est pétrie de l'amour de Dieu. Il fallait qu'il place l'argent reçu de son Père. Tout ce qui fait sa vie, tout l'amour dont elle est chargée, cela vaut bien dix talents or et sans doute plus. Cet argent, Jésus l'a déposé à la banque pour le faire fructifier. Et sa banque, c'est l'homme, c'est l'amour de l'homme, de tout homme. C'est là qu'il a placé sa vie, c'est là qu'il a pris le risque de placer sa vie. Et il a échoué. Il est mort sur la croix. A vues humaines, il a échoué. Mais 2.000 ans après, on parle encore de lui. Chrétiens, n'ayons pas peur." Jacques Fauré - Saint-Clar 16.11.08

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