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Cultive tes talents

Présentation de l'ennéagramme

2 Octobre 2008, 18:54pm

Publié par Etienne Séguier


J'aimerais bien dans ce blog discuter avec ceux qui ont découvert l'ennéagramme qui je trouve permet de faire un pas de géant dans sa vie personnelle.


Cette méthode aurait été mise au point par des pères de l’Église, puis reprise par des musulmans soufis au Moyen Age, qui ont développé toute une mystique des chiffres. Les historiens perdent sa trace, avant de la voir ressurgir chez une figure de l'ésotérisme, le russe Georges Gurdjieff. Cette contribution explique que l'ennéagramme soit parfois entourée d'une mauvaise réputation, car il était à l'époque transmis de façon « secrète ». Mais ce serait oublier que la forme que nous connaissons actuellement est enseignée de façon tout à fait transparente et débarrassée de références ésotériques depuis les années 70, notamment grâce à un Chilien nommé Oscar Ichazo.

Pensée, action, émotion


L’ennéagramme commence par expliquer que nous disposons de trois façons d’appréhender la réalité : en sollicitant l’émotion, la pensée ou l’action. Ainsi face à un événement, certains sont d’abord touchés par ce qui se passe, d’autres tentent de comprendre, d’autres préfèrent intervenir. Chacun de nous privilégie un de ces modes et délaisse un autre. Ce qui permet d’expliquer certains malentendus. Par exemple, une personne qui privilégie la pensée pourra être surprise de voir son collègue se lancer tout de suite dans l’action. Une autre aura besoin de faire connaissance (émotion) plutôt que d’étudier tout de suite la résolution d’un problème (pensée). Aucun de ces modes n’est supérieur à un autre. Il y a des circonstances où il vaut mieux agir rapidement, d’autres où il est bon de réfléchir avant, d’autres encore où il est utile d’exprimer ses émotions. Chacune de ces trois entrées révèle trois sortes de personnalités différentes, ce qui permet à l'ennéagramme de discerner dans l'humanité neuf types au total (enneas en grec signifie neuf).


Cette méthode de connaissance de soi n’exige pas de se raconter pendant des heures. Elle s’intéresse peu aux raisons qui nous font préférer un type de réaction en particulier, mais plutôt comment notre type de personnalité oriente toute notre existence. Il n’existe pas de questionnaire totalement fiable pour découvrir son type. L'identification s’effectue par tâtonnement, le plus souvent en commençant par lire un descriptif de chaque style. Puis en suivant ensuite un stage de deux jours pour parvenir à identifier le sien.


Cette quête n’est pas de tout repos. Chaque type de personnalité se construit à partir de ce que nous nous cherchons à fuir à tout prix depuis l'enfance. Il est assez désagréable de constater que nous entrons en relation toujours selon le même mode avec notre entourage. Pour éviter à tout prix :

- soit la colère (type 1),

- de reconnaître ses besoins (T2),

- les échecs (T3),

- la banalité de l’existence (T4),

- le vide intérieur (T5),

- la déviance par rapport aux normes du groupe (T6),

- la souffrance (T7),

- reconnaître ses faiblesses (T 8),

- affronter les conflits (T9).


Pour chaque cas, les manuels d’ennéagramme dressent une liste des attitudes de chaque profil. Lesquelles s'avèrent souvent plus précises que ne le traceraient nos proches, en détaillant parfois des comportements connus de nous seuls .


Un débat agite la planète de l’ennéagramme pour savoir s’il faut nommer les types. Pour le moment, je ne les ai désignés que par leur numéro, ce qui évite d’enfermer les personnes dans des appellations réductrices. Les tenants de cette neutralité font valoir qu’il n’existe aucun consensus entre les spécialistes pour trouver La bonne dénomination. Je partage volontiers ce choix. Dans le livre, j'ai tout de même proposé une classification qui leur donne un nom et cela à des fins pédagogiques (pour donner une idée de chaque type), mais plus je pratique l'ennéagramme, plus je crois que ce n'est pas une bonne idée de les nommer ainsi.


Outil de connaissance de soi, l’ennéagramme se veut aussi un chemin de développement personnel. Nous pouvons prendre du recul avec nos réactions spontanées, prenant conscience que nous réagissons toujours de la même façon. Le perfectionniste comprendre qu'il peut effectuer les tâches qu'à 80 % de ce qu'il imagine devoir faire. L’altruiste découvrir qu’il a tendance à acheter les relations en rendant toujours service et prendre l’habitude d’écouter davantage ses propres besoins. Le romantique qu’il n’est pas toujours obligé d’être  différent, le chef qu’il peut se montrer vulnérable… 

 

Des cinq voies présentées, l’ennéagramme constitue la seule clairement utilisée en accompagnement spirituel. Le jésuite américain, Bob Ochs est ainsi le fondateur de ce que l’on appelle l’école de Chicago. La Compagnie de Jésus  a d’ailleurs fortement contribué à sa diffusion dans le monde dans les années 80. Dans sa relation personnelle à Dieu, chaque type a tendance à valoriser une image qui ne fait que renforcer la façon dont il entre en relation avec les autres. Le petit chef, le 8, adore ce Christ combatif, épris de justice et de vérité. Mais il gagnerait à découvrir que Jésus reconnaît aussi sa vulnérabilité et ne cherche jamais à s’affirmer aux dépens des autres. Le cérébral, le 5, se sent proche de ce Jésus qui se retire au désert et débat avec l’apôtre Jean. Mais il peut acquérir une autre dimension en prenant conscience que Jésus a aussi mis la main à la pâte, n’hésitant pas à échanger avec les plus humbles. 

Commenter cet article

catherine 24/03/2009 15:51

je découvre avec grand intérêt votre blog - bravo !
moi aussi, j'ai découvert il y a quelques années l'ennéagramme - et trouvé que c'était passionnant, pour soi, mais aussi pour mieux comprendre les autres qui nous entourent (à l'époque, j'avais suivi la formation avec mon mari). Je n'ai pas reçu tout à fait la même approche que vous a priori. Je suis notamment sceptique par rapport au fait de nommer chacune des bases - c'est drôlement réducteur et peut même induire en erreur !
Ce que je souhaiterais ajouter par rapport à votre présentation, c'est qu'effectivement la base s'installe pendant l'enfance - pas forcément pour fuir quelquechose, mais parce que le comportement adopté est "ce que nous avons trouvé de mieux à l'époque" pour survivre... Comprendre cela c'est déjà faire un grand pas. Comprendre que nous nous sommes tous créé, enfants, une représentation du monde qui n'est que partielle, et donc que nos comportements ne sont pas toujours les plus adaptés aujourd'hui, ouvre le champ des possibles !

Etienne Séguier 24/03/2009 16:49


Merci pour votre réaction, je crois que vous avez raison sur le fait de ne pas nommer chacune des bases. Je l'ai mis à des fins pédagogiques, mais il me semble que cela a surtout pour effet
d'enfermer les personnes. De fait dans ma pratique, j'ai pris l'habitude de désigner chaque type de personnalité. Cela me semble plus neutre, je vais réfléchir à une autre présentation.