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Cultive tes talents

Découvrir la communication bienveillante

2 Octobre 2008, 18:36pm

Publié par Etienne Séguier

Voici une présentation de la communication bienveillante (connue aussi sous le nom de communication non violente)
 

Fondée en 1966 par l’Américain Marshall B Rosenberg. cette approche n’est arrivée que récemment en France. C’est le docteur David Servan-Schreiber qui l’a fait connaître en 2003 auprès du grand public français, dans son best-seller « Guérir ». Mais ce nouveau langage tient aussi un ambassadeur de talent avec le Belge Thomas D’Ansembourg, auteur du livre « Cessez d’être gentil, soyez vrai », lui-même enseignant de cette discipline. Cette méthode ne prétend pas éradiquer définitivement toutes formes de violence en nous-mêmes. Elle nous enseigne plutôt à écouter nos colères et plus largement le tumulte de vie qui ne demande qu’à jaillir en nous. Elle excelle dans l'art « d'approcher et de transformer de façon constructive les conflits » pour reprendre une formulation chère au formateur Hervé Ott, proche de cette sensibilité. Durant un conflit, elle invite à résoudre un conflit en suivant quatre étapes que voici :

 

1) Observez tout d’abord la situation de conflits de façon neutre, à la manière d'un scientifique décrivant une expérience. Ou comme un journaliste distinguant les faits des commentaires. Vous évitez ainsi de relancer les hostilités, tout en ouvrant le dialogue. Plutôt que « tu es encore en retard », préférez « nous avions rendez-vous à 19h00, il est 19h30 ». 

 

2) Puis nommez les sentiments que vous ressentez. Par exemple, quand je vois que tu arrives à 19h30, je me sens triste, confus, partagé, perplexe, en colère. Nous n'avons guère l'habitude d’identifier clairemement nos sentiments. Au début, vous pouvez vous sentir démunis face à la pauvreté de votre vocabulaire pour traduire ce qui bouge en vous. Avec le temps, vous enrichirez votre dictionnaire personnel pour décrire vos émotions. À ce stade, vous pouvez avoir encore envie d'accabler l'autre, mais alors vous ne pourrez pas vous relier à votre propre ressenti. À vous de choisir. 

 

3)Trouvez ensuite le ou les besoins insatisfaits qui sont à l’origine des sentiments ressentis. Par exemple, la tristesse que je ressens en ce moment me permet de prendre conscience que mon besoin de respect n’est pas satisfait. L’éducation chrétienne ne valorise pas toujours cette attention à nos besoins. Et il faut un peu d’entraînement pour identifier ceux que révèlent nos émotions. Est-ce une soif d’expression, d’affirmation, d’intégration, d’appartenance, de recueillement, de solitude, de clarification ? Nos attentes peuvent s’avérer très simples : se reposer, boire un verre d’eau. Mais elles peuvent s’avérer aussi plus complexes, lorsque l’on ressent des besoins d’harmonie, de beauté, d’authenticité, d’amour. La CNV ne promet pas de les exaucer immédiatement, mais elle enseigne que nous augmentons considérablement nos chances de les satisfaire si nous prenons conscience de leur existence. 

Le mot « besoin » est à prendre de façon large. Il évoque souvent des attentes presque physiologiques, mais peut traduire ce que d'autres appellent plus communément des désirs. Marshall Rosenberg évoque plus largement « nos aspirations, nos souhaits, nos valeurs » et « tout ce qui peut contribuer à embellir la vie ». Après avoir identifié des besoins visant à muscler notre personnalité, nous pouvons découvrir d’autres moins centrés directement sur nous même, davantage au service d’une collectivité.

 

 4) Formulez enfin une demande afin de répondre à votre besoin. À vous-même ou à une personne de votre entourage. Cette demande doit être concrète, réalisable, positive, au présent et précise, pour que votre interlocuteur puisse la comprendre. Et enfin ouverte au dialogue pour tenir compte de ses besoins. À titre d’exemple, si je dis à mon enfant : « ta chambre est dans une pagaille pas possible, range-moi tout cela », je ne suis pas certain de déclencher une réaction enthousiaste. Si j’exprime plutôt : « Quand je vois ton pantalon au pied de l’armoire et tes cahiers sur le lit (Observation). Je me sens découragé (sentiment), car j’ai besoin d’ordre dans la maison et d’aide pour assurer cet ordre (besoin), serais-tu d’accord pour ranger tout cela ce matin (demande) ? » Le dialogue peut commencer. Mon enfant peut alors me répondre : « quand je vois que nous sommes dimanche, qu’il est huit heures du matin (observation), je me sens en colère (sentiment), j’ai besoin de dormir ; est-ce que tu serais d’accord pour reprendre cette conversation à onze heures ! » Le dialogue peut commencer, permettant de trouver plus qu’un compromis, une solution intégrant les besoins de chacun. 

 

Selon votre personnalité, vous serez plus à l’aise avec une des quatre étapes et moins avec une autre. Par exemple, l’observation vous semblera facile, mais l’expression de vos émotions sera plus laborieuse. D’autres auront plus de mal à reconnaître leurs besoins, d’autres à formuler une demande. À vous de repérer l’étape que vous avez besoin de travailler. L’association pour la communication non violente propose en France, en Belgique et en Suisse un cycle d’initiation sur trois fois deux jours ainsi que des groupes de pratique pour s’entraîner à ce nouveau langage. Voici une brève présentation de cette méthode pour vous donner le gout de vous initier à votre tour.

 

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pierrot vagabond 30/08/2013 15:10

très bel article sur la conversation bienveillante
ce qui me semble dans la ligne philosophique des rêveurs équitables.

Ici au Québec, Canada, on me surnomme Pierrot l’ermite des routes ou encore le vagabond céleste.

Ma poésie de vivre se prépare à vagabonder la Belgique avec légendes vraies et chansons sur bâton de pélerin, le tout écrit à partir de vraies histoires vécues sur la route au Québec:)))

mon âme d'écrivain et de nomade espère bien vous croiser pour échanger sur nos créativités réciproques:)))

http://www.enracontantpierrot.blogspot.com

http://www.reveursequitables.com
onglet presse, roman phénoménologique
MONSIEUR 2.7K

http://www.demers.qc.ca
roman… l’ile de l’éternité de l’instant présent

sur google
citations de Nelson Mandela
Simon Gauthier conteur, le vagabond céleste
pierrot vagabond

courriel
pierrot@reveursequitables.com

LA ROUTE T’APPELLE

COUPLET 1

une vieille route
de campagne quelque part
une vieille grange abandonnée
avec d’la paille
dans laquelle je dors
encore

y a personne
y a pas de bruit
y a que l’aurore
qui s’approche
de mon corps

REFRAIN

réveille-toi mon ami,
wohhhhhhh
la route t’appelle
la brume est bel…el…le

tu vas claquer un peu des dents
la fin du mois d’septembre surprend
mème les vagabonds milliardaires
de leur temps

COUPLET 2

un vieux crouton d’pain
qui traîne dans le pack sac

un jeune psychologue
qui descend de son char
y s’est perdu
où est Quebec?
j’embarque avec

y est pressé
y roule ben vite
y est ben stressé
une cliente en attente

COUPLET 3

sur la galerie
d’Radio-Québec
dans la ville de Québec

le ventre plein
cette nuit-la
moi j’ai dormi
mon crouton d’pain
loin de la pluie
loin de la pluie

ma douce aurore
rapelle-toi
de toi
contre mon corps

comme
c’etait beau
nous deux
tremblant
de froid
dehors

Pierrot
vagabond céleste

Pierrot est l’auteur de l’Île de l’éternité de l’instant présent et des Chansons de Pierrot. Il fut cofondateur de la boîte à chanson Aux deux Pierrots. Il fut aussi l’un des tous premiers chansonniers du Saint-Vincent, dans le Vieux-Montréal. Pierre Rochette, poète, chansonnier et compositeur, est présentement sur la route, quelque part avec sa guitare, entre ici et ailleurs.

Pierrot
vagabond des mots et des routes

Béatrice 01/12/2009 14:15


je trouve votre approche respectueuse de chacun !
j'ai suivi aussi la formation CNV et complété avec le LE (logique émotionnelle) et j'ai pris de la distance avec la foi ou plutot avec une certaine idée de l'Eglise ...qui ne me correspond plus !
mais du coup les écrits ont perdus saveurs et sens et les entendre reproposé par le biais de la CNV sonne quelque peu faux à mon coeur !
j'aurai vraiment à coeur d ecomprendre les enjeux cachés de cette émotion de méfiance !
et je crois que je vais pour suivre à lire votre blog car j'ai à coeur de comprendre ce qui se vit en moi avec ce retrait de l'Eglise et de ses formes paroisses etc...


Bernadette Maréchal 17/02/2009 08:34

Personnellement, j’ai découvert la CNV en 2000 et la pratique depuis. J’anime depuis plusieurs années des groupes de pratique où les participants qui ont déjà suivi au moins un des modules d’initiation s’entraînent à intégrer ce processus et à le vivre de façon plus souple, plus naturelle.
Ce processus est un outil qui m’aide énormément dans la relation à moi-même et aux autres.
Quand je l'ai découvert en 2000, j'ai expérimenté - et je le vérifie de plus en plus dans ma vie personnelle et dans les ateliers que j’anime depuis - combien ce processus aide à mettre en oeuvre, en "actes" cette parole du Christ : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Il vise d’abord à soigner le lien entre les personnes, un lien d’écoute et de respect de l’autre et de soi. Il vise la recherche d’une solution non-violente à ce qui peut être en conflit entre les personnes. « Dans toute maison où vous entrerez, dites : la paix soit avec vous ! »
Il demande une grande authenticité, une réelle démarche de clarification intérieure tout en accueillant son vécu personnel et celui de l’autre ou des autres en présence.
Il aide à clarifier ce qui se passe en nous, ce qui se passe chez l'autre et ce qui peut se mettre en place entre les deux de façon où chacun se sente respecté et appelé à prendre ses responsabilités.
Je viens de lire votre livre " Cultive tes talents" et suis d'accord avec ce que vous exprimez sur le développement personnel et la foi chrétienne. Je serais aussi heureuse d'échanger avec vous là-dessus, mais je préférerais que cela soit par mail.
signé M.B.

Etienne Séguier 17/02/2009 12:14


Merci pour ce témoignage qui nourrit mon besoin de partage sur la CNV et m'encourage à proposer une réflexion sur les liens avec la foi chrétienne. J'aime bien votre référence sur le passage où le
Christ invite à rentrer dans les maisons en cultivant une attitude bienveillante. C'est comme cela qu'il conseille d'annoncer la bonne nouvelle, (sans insister si les personnes n'en veulent pas).
Je profite de votre commentaire pour signaler que je prépare pour cet automne une rencontre un samedi après midi à Paris au Forum 104 (un centre animé par des maristes et des laïcs), pour réfléchir
sur foi chrétienne et CNV. Plusieurs intervenants m'ont déjà donné leur accord, mais cela m'intéresserait de savoir sur quels sujets vous aimeriez que nous échangions. Nous pouvons en discuter
directement sur le blog ou par mails : cultivetestalents@live.fr


lisa 10/11/2008 11:36

Bonjour,
Je trouve la démonstration intéressante mais en même temps, c'est une "technique" qui à la lecture, paraît assez contraignante dans sa mise en pratique car souvent nous sommes sous le coup de la colère, et prendre ainsi le temps de reformuler, expliciter des ressentis demande du temps et beaucoup de maîtrise de soi. Disons que l'apprentissage ne doit pas se faire du jour au lendemain !

Etienne Séguier 10/11/2008 12:13



Effectivement, cela nécessite un apprentissage (voir le site pour se former de l'association de la CNV http://nvc-europe.org/france/), Mais on peut déjà s'entraîner en commençant par 
identifier les sentiments que l'on ressent. Découvrir que l'on se sent en colère, triste, révolté et prendre ainsi conscient de ce qui est vivant en nous peut déjà aider à gérer les
situations de conflits. Le conflit a tendance à nous faire sortir de nous, cette première phase d'observation des sentiments permet au contraire de rentrer en nous même.