Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Cultive tes talents

Accompagnant de vie plus que coach de vie

9 Juin 2017, 09:51am

Publié par Etienne Séguier

Accompagnant de vie plus que coach de vie

Voilà plusieurs années que j’accompagne des personnes dans des périodes de transition. Et comme il faut bien expliquer ce que je fais, j’avais choisi jusqu’à présent de me présenter comme « coach de vie ». Mais je sens bien que l’expression ne correspond pas tout à fait à ce que j’effectue et qu’elle est source de malentendus.

Tout d’abord, il me faut souvent préciser que je ne propose pas de « coaching de performance » comme cela se pratique régulièrement en entreprise. Il s’agit alors d’aider la personne à se montrer plus efficace, par exemple pour devenir un meilleur chef d’équipe et obtenir des résultats en hausse de son service.

Je n’ai rien contre cette approche. Mais plus que le fait d’augmenter le rendement des personnes que j’accompagne, je m’intéresse surtout aux façons de les aider à être plus vivantes, en étant notamment reliées à leur entourage et au monde. Souvent elles ont déjà essayé de s’en sortir en ayant recours à ce qui avait bien marché pour elles, mais qui fonctionne moins bien désormais. Il ne s’agit pas de leur dire de faire des efforts, elles en ont déjà fait beaucoup. Nous commençons plutôt par travailler sur la situation de « fragilité » qu’elle connaisse, tout d’abord pour l’écouter, la comprendre. Parfois, les personnes sont en situation de blocages émotionnels et nous pouvons les dépasser avec la méthode Tipi. D’autres fois, une page se tourne et la tristesse aimerait bien pouvoir prendre sa place. D’autres fois encore, c’est la colère qui peine à sortir. À d’autres moments, la colère est bien présente, mais elle masque de la peur.

Dans ce début de l’accompagnement, l’expression de « coaching de vie » pourrait laisser croire que je donne immédiatement des conseils, ce qui n’est pas le cas. Je propose plutôt d’aider les émotions à se déployer les émotions et notamment celle que la personne ne s’autorise pas à vivre. Cela peut prendre plusieurs rendez-vous. C’est le temps où l’on peut s’autoriser à dire que cela ne va pas, à se plaindre. Et j’écoute, ou plutôt nous écoutons ce qui se dit, ce qui se vit, le trop-plein du corps, le ras-bol, ce qui aimerait bien s’autoriser à sortir.

Cette période permet de laisser une place aux émotions en les localisant physiquement et en découvrant les informations qu'elles nous donnent. Il s’agit aussi de se relier avec son corps en prenant conscience de toutes les fois où nous nous éloignons de lui. Progressivement, nous entrons dans un second temps de l’accompagnement. La personne souhaite moins subir ce qui se passe. Et en même temps, elle constate que cela demeure difficile. Nous pouvons alors identifier des schémas répétitifs qui la conduisent régulièrement dans des impasses, en observant comment ils peuvent s'ancrer dans son histoire personnelle. Dans certains cas, cette prise de conscience aide à voir que la personne est prise dans un conflit de fidélité. Et l’on cherche ensemble à trouver une façon de sortir de cette difficulté.

Dans cette période, la personne sent monter l’envie d’être au plus prés de ce qui la rend unique. Et c’est le moment où nous tentons d’identifier ce qui constitue ses talents, lesquels ne correspondent pas forcément avec ce qu’elle sait déjà bien faire. Parfois, nous regardons le cv de la personne, mais notre investigation va souvent bien au-delà. J’aime bien proposer alors un travail sur l’Arbre de vie, qui va chercher les aspirations plus profondes de la personne. Au cours de ce travail, je vais procéder par questionnement pour que la personne trouve par elle même sa voie. Dans certains cas, elle me demande ce que j’en pense, et je peux alors lui donner mon ressenti. Il ne s’agit pas d’un conseil, mais plutôt d’un aspect de la question qu’elle n’a pas encore creusée.

Une dynamique s’enclenche alors où la personne traverse progressivement l’impasse dans lequel elle se trouvait. Elle sent qu’elle dispose de ressources, qu’elle peut impacter son existence et en même temps qu’il demeure des résistances. Elle devient force de propositions et en même temps elle mesure mieux ce qu’elle reçoit de son entourage.

Des interrogations émergent sur sa place par rapport aux autres, à la nature, à l’existence de plus grand que soi. J’aime bien accompagner alors les personnes dans ce questionnement spirituel qui rejoint une dimension que j’ai travaillée pendant plus de quinze ans en tant que journaliste à La vie, en allant rencontrer des grands témoins de notre époque, mais aussi bien entendu auxquels je tente de laisser une place dans mon existence personnelle. Pour moi, cette dimension n’est pas « un plus » dans l’accompagnement que je propose, mais une dimension essentielle. Si elle souhaite l’évoquer, je suis à sa disposition pour l’aborder avec elle, en ayant travaillé depuis vingt ans à clarifier l’articulation entre le psychisme et le spirituel. Là encore, l’expression coaching ne rend pas compte de ce que je propose, puisque je ne donne pas de conseils en abordant la dimension spirituelle, car nous saurions alors dans ce qu’on appelle la direction spirituelle. Il s’agit plutôt de permettre à la personne de partager sur le fait qu’elle se sent accompagnée dans son chemin d’évolution par plus grand qu’elle (que je nomme Dieu, et d’autres La source, La présence). Mais il ne s’agit pas d’un « passage obligé » dans l’accompagnement de vie que je propose, mais juste d’une possibilité pour que la personne se sente entendue dans toutes ces dimensions.


 


 


 

Commenter cet article