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Cultive tes talents

Exercice de bienveillance même avec ses ennemis

19 Mai 2014, 16:02pm

Publié par Etienne Séguier

Je viens de découvrir un nouvel exercice pour développer la bienveillance, pas simplement la façon de communiquer, mais le fait de ressentir de la bienveillance pour les autres. Je m'explique. Avec la communication bienveillante, nous pouvons trouver les mots et les attitudes pour ouvrir un dialogue mais encore faut-il le vouloir. Lorsque nous sommes en conflit avec une personne, il y a toute une phase où nous n'avons pas envie d'ouvrir le dialogue. Mieux ou pis, nous souhaitons souvent qu'elle « se casse la figure dans l'escalier » pour prendre une image. Dans mes formations, j'invite les participants à observer leur état d'esprit avant d'ouvrir le dialogue. Il arrive régulièrement que l'on se croit prêt à ouvrir le dialogue alors que ce n'est pas le cas.

Cet exercice est paru dans un nouveau livre qui s'appelle « Connectez-vous à vous même » chez Belfont, écrit par un informaticien de chez Google, Chade-Meng Tan qui anime des formations à la méditation. Il propose de prendre deux minutes pour se poser, en se concentrant sur la respiration.

Puis de commencer à se dire : « Puissé-je aller bien, puissé-je ne pas souffrir, puissé-je être heureux. »

Au bout de quelques minutes, étendez cette bienveillance à un proche que vous aimez bien.

« Puisse untel aller bien, puisse untel ne pas souffrir, puisse untel être heureux. »

Puis renouveler cette opération avec une personne que vous connaissez peu, pour lequel vous ne ressentez ni inimité, ni affection particulière.

Puis terminez avec une personne avec qui vous êtes en conflit, pour laquelle la bienveillance ne surgit pas spontanément.

Terminez par deux minutes de silence.

Cet exercice repose sur le fait que nous nous programmons pour juger les autres, en positif ou en négatif. Lorsque nous pensons à un proche que nous aimons beaucoup, notre respiration s'apaise, notre cœur respire plus amplement. Au contraire si nous pensons à une personne avec qui cela ne se passe pas bien, nous nous crispons, la respiration devient plus difficile. En fait nous avons tendance à en faire trop dans les deux cas, nous adorons nos proches (en négligeant qu'ils ne sont pas parfaites, nous détestons nos « ennemis » (en ne voyant pas qu'ils ont aussi des qualités.)

Cet exercice nous met tout d'abord dans de bonnes conditions en passant par nous même puis par un proche. Ainsi bien disposés, nous pouvons oser penser à une personne « neutre » affectivement. Nous sommes alors prêt pour songer avec un début de bienveillance à une personne avec qui nous sommes en conflit. J'ai constaté que le cœur s'apaise surtout lorsque l'on évoque les proches que nous aimons bien, mais aussi que les personnes difficiles (de la dernière étape) peuvent nous apparaître sous un autre jour. Nous nous sentons moins en conflit frontal et finalement plus libre.

Chade-Meng Tan

Chade-Meng Tan

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didier 18/06/2014 12:03

Merci pour cet article qui me rappelle la "compassion" que cherche à développer certaines traditions extème orientale. Cci étant, il y a un énorme avantege psychologique à pratiquer vos conseils, c'est le "pardon".
En pardonnant, on se libère de ressentiments douloureux qui peuvent se shanger en somatisation (maladie). Encore merci !
Didier

Séguier 18/06/2014 12:48

Tout à fait d'accord, cet exercice constitue une excellente introduction au pardon que l'on cantonne trop à une démarche spirituelle, j'aime bien ce qu'écrit le père Jean Monbourquette à ce sujet (voir http://cultivetestalents.over-blog.com/article-le-pardon-en-douze-etapes-47234617.html). Il y a encore beaucoup de réserves pour introduire une démarche de pardon dans le coaching, mais il me semble que parfois cet approche peut aider à passer à autre chose.

Xéia 21/05/2014 08:39

ça ressemble à la prière, non ? Pour moi, la prière adressée à Dieu est une énergie destinée à ceux pour qui je prie….

Séguier 21/05/2014 09:27

Effectivement, en pratiquant cet exercice, j'ai retrouvé ce que l'on peut vivre dans la prière, lorsque l'on prie pour une personne. Mais le fait de passer par soi et surtout par une personne proche que l'on aime bien, donne l'impression d'être plus impliqué "avec le coeur", dans cette prière.